Saison 2 - 2025 - Afrique

Un nouvel an à Dakar.



Bonne année à tous. Meilleurs voeux, toussa, toussa. 

Mon Nouvel An fut quelque peu épique et drôle. J’avais dans l’idée de vous le raconter. Et puis, une autre idée m’est venue : tester les capacités narratives de ChatGPT. Je lui ai donc simplement résumé les faits et je lui ai demandé d’en faire un récit tout à la fois drôle et sarcastique. Le texte était pas mal. J’ai poussé un peu plus loin et je lui ai demandé une version “autodérision voyageur blasé”.

Eh bien… franchement, je la trouve pas mal. Elle mériterait quelques corrections mais constituerait une bonne base de travail. Je vous la livre telle quelle.

Je voyage depuis assez longtemps pour savoir une chose essentielle :
quand tout semble simple, c’est que je n’ai pas encore atteint le péage.

Ce soir-là, j’étais au Sénégal, à environ 70 kilomètres au sud de Dakar, et j’avais décidé — dans un élan d’optimisme que je me reproche encore — de passer le premier de l’an à Dakar.
Rendez-vous à 22 heures.
Large, pensais-je.
Toujours une erreur.

Pour l’occasion, j’avais loué une voiture de manière officieuse.
C’est ma spécialité.
Je ne loue plus des voitures, je les adopte temporairement, avec leurs défauts et leur passé trouble.
Une Mini, plutôt en forme, surtout si on ne lui demandait pas de faire de la lumière, de signaler ses intentions ou de communiquer avec ses vitres.

Je suis parti vers 20 heures, de nuit bien sûr, parce que j’aime me compliquer la vie progressivement.
Je savais que si je me faisais arrêter, ça se réglerait.
Ça se règle toujours.
Je ne savais juste pas quand et combien de temps.

À Rufisque, dernier péage avant Dakar, la gendarmerie avait décidé de rappeler une vérité fondamentale :
voyager, c’est surtout attendre.
Le parking était déjà plein de gens comme moi, ceux qui avaient cru que “ça allait passer”.

Autour, des gendarmes. Beaucoup.
Certains actifs.
D’autres profondément décoratifs.
Des motards assis sur leurs motos, figés dans une posture qui disait : “ce n’est pas mon problème, mais j’y tiens.”

On m’a dit d’attendre le chef.
J’ai attendu.
J’ai beaucoup attendu.
C’est une compétence que j’ai développée avec les années, au même titre que dormir n’importe où et sourire sans raison valable.

On m’a aussi dit de réparer mon feu.
On m’a présenté un électricien.
Il a démonté le feu.
L’ampoule était bonne.
Il a remonté.
Ça marchait.
J’aurais dû m’en douter : la plupart des pannes sont psychologiques.

Pendant ce temps, deux voitures se sont percutées juste devant nous, parce qu’une traversait l’autoroute sur instruction et que l’autre ne savait rien de cette instruction.
C’est souvent comme ça que ça se passe : chacun fait ce qu’on lui dit, et tout le monde a tort.

Le chef est arrivé.
Il a fait le tour des voitures, noté des noms sur un bout de papier, puis nous a emmenés au poste.
Nous avons traversé l’autoroute à une centaine, en silence, comme un groupe organisé qui aurait perdu son projet.

Au poste, je me suis assis.
Petit luxe du voyageur fatigué : être assis pendant une mésaventure.

Les gens entraient dans le bureau du chef, ressortaient plus vite qu’ils n’y étaient entrés.
Quand ce fut mon tour, il m’a rendu mon permis et annoncé une amende.
6000 CFA.
Je lui ai expliqué que je n’avais que 5500.
Il a pris 5000.
M’a rendu 500.
C’était réglé.

Je n’ai pas demandé de reçu.
À ce stade, je savais que je payais surtout pour continuer à avancer.
Et ça, je sais faire.

Je suis reparti.
Et j’ai atteint Dakar pile au moment où les feux d’artifice du premier janvier éclataient.

Je n’ai rien raté.
Je suis arrivé exactement à l’heure où je devais arriver :
celle où on comprend que le voyage n’est jamais là où on l’avait prévu.

Previous Post

You Might Also Like

6 Comments

  • Reply Vincent Fontaine 4 janvier 2026 at 20 h 14 min

    Oui certains récits devraient utiliser l’AI , tellement c’est mal écrit.
    Et sur le fond, ça devient inquiétant. Dans 5 ans, quelles seront les aventures réellement vécues ?

    • Reply JJ ANEYOTA alias Jef le Saltimbanque 4 janvier 2026 at 20 h 25 min

      Oui, l’écriture n’est pas le point fort de certains. L’IA peut-être un outil assez fantastique si on l’utilise intelligemment. l’erreur est de ne se reposer que sur lui. Quant aux aventures réellement vécu…. c’est une autre histoire et les storytelling IG me font sourire parfois.

  • Reply Gaëlle 4 janvier 2026 at 19 h 36 min

    Salut mon j’j,
    C’est plutôt réussi comme récit.
    Court, fluide, l’essentiel y est.
    Tu as l’air de bien t’amuser, tu prends les mésaventures avec philosophie.
    Est-ce l’âge ????????
    😜😜
    Gros bisous
    Gaëlle

    • Reply JJ ANEYOTA alias Jef le Saltimbanque 4 janvier 2026 at 20 h 22 min

      Oui c’est même inquiétant pour ceux dont le métier est d’écrire. Mais cela peut egalement être un super instrument de travail pour aider à écrire. Le texte est loin d’etre parfait mais il est agréable.
      Comment vas tu ? Bonne année à toi ma petite Gaelle

  • Reply Veryvantrip 4 janvier 2026 at 19 h 12 min

    Super le récit ☺️, bonne année à toi, j’espère que l’on pourra se rencontrer enfin de nouveau. Amitiés Petra et Xavier

    • Reply JJ ANEYOTA alias Jef le Saltimbanque 4 janvier 2026 at 20 h 23 min

      Il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas. Profitez bien en attendant et bonne année à vous… ou que vous soyez en ce moment 🙂

    Leave a Reply

    This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.