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“L’homme qui veut s’instruire doit lire d’abord, et puis voyager pour rectifier ce qu’il a appris.”
CASANOVA
Bienvenue dans mon univers
Je n’aime pas parler de moi.
C’est bien pour ça que, dans ma précédente présentation, j’avais fait parler ma moto.
Aujourd’hui, j’ai décidé de changer un peu ma présentation. Mais plutôt que de me livrer une nouvelle fois à cet exercice que je déteste – parler de moi – j’ai demandé à ChatGPT d’écrire mon portrait et de faire ma présentation, en prenant en compte tout ce qu’il savait de moi depuis la création de mon compte.
Je vous la livre telle quelle (Enfin pas tout à fait, j’ai fait quelques micro-corrections au final)
Se présenter, ce n’est jamais très simple.
Surtout quand on a passé une bonne partie de sa vie à changer de pays, de passions, de moyens de transport et parfois complètement d’univers.
J’ai grandi en Turquie, puis au Portugal. Autant dire que, très tôt, l’idée qu’on puisse avoir une seule culture, une seule façon de voir le monde ou une seule vie bien rangée m’a probablement semblé assez théorique.
La Turquie, ce fut la liberté.
L’hiver, il y avait la montagne d’Uludağ et le ski.
L’été, les criques sauvages, la mer, la pêche aux moules et la pêche sous-marine.
Et puis, au quotidien, il y avait ces interminables balades avec mes copains turcs dans la campagne environnante, au milieu des kangals et des chiens errants, avec cette impression que la liberté n’avait tout simplement pas de limites.
Une enfance faite de grands espaces, de nature et de liberté, qui a sans doute beaucoup compté dans ma façon de voir le monde et dans cette envie, jamais vraiment disparue depuis, d’aller voir un peu plus loin.
Au Portugal, il y a eu les chevaux.
Pas l’équitation du dimanche, non ! J’ai eu la chance de pratiquer la haute école sous la direction de l’écuyer en chef de l’École Portugaise d’Art Équestre, Don Jose de Athayde. Un univers d’exigence, de précision et de patience, où rien n’est jamais vraiment laissé au hasard et où l’on apprend que, derrière l’apparente facilité, il y a des années de travail.
Les chevaux ont été une partie importante de ma vie.
Mais je n’ai jamais réussi à m’arrêter là.
Il y a eu une histoire d’amour hors norme. Un drame. La perte de l’être aimé.
Un pivot dans ma vie.
Alors, je suis parti sur les routes d’Afrique, avec la moto comme sésame.
Cela a donné lieu à un livre : « Le bandana bleu, contes d’une promesse ».
Il y a eu la plongée également, avec ses profondeurs, ses silences et, un peu plus loin encore, le monde très particulier de la plongée souterraine sous l’instruction de Pierre-Eric Deseigne.
Puis est venue la montgolfière. Mon professeur fut Michel Bergounioux, une légende dans le milieu.
C’est probablement l’un des moyens de transport les plus étranges et les plus merveilleux qu’on ait inventés : on décolle en sachant à peu près d’où l’on part, mais on accepte très vite que le vent aura son mot à dire sur la suite.
Finalement, ce n’est pas si éloigné de ma façon de vivre.
J’ai survolé la Manche et effectué de nombreux vols en Cappadoce, aux côtés de mon amie Kaili, aujourd’hui disparue. Installée à Goreme, en Turquie, elle avait créé l’activité de la montgolfière dans cette région, vers 1990.
J’ai eu l’énorme privilège de voler à ses côtés et de partager une partie de cette aventure avec elle.
J’ai beaucoup voyagé. Pas toujours avec un programme très précis. Et surtout, j’ai eu la chance de faire des rencontres qui ont parfois complètement changé le cours d’un voyage.
Au Pakistan, par exemple, une rencontre avec le prince Malik m’a permis de découvrir un pays d’une manière qu’aucun circuit organisé ni aucun guide touristique ne pourrait offrir.
En Afrique aussi, les rencontres ont souvent été au cœur de l’aventure.
Le Sénégal d’abord, où je me suis remarié.
Ma première femme était américaine. Celle que j’ai perdue était martiniquaise. Ma seconde épouse, elle, est sénégalaise.
En amour aussi, j’ai été international.
Plus globalement, il y a ce continent, l’Afrique, qui me fascine. Le Cameroun, le Congo, les pistes, les forêts, la faune sauvage… et tous ces gens que l’on croise parfois presque par hasard.
Des scientifiques, des explorateurs, des responsables de la conservation, mais aussi des prêtres rencontrés au Congo ou en Angola, juste après la guerre.
Des hommes qui avaient consacré leur vie à l’Afrique.
De véritables bibliothèques vivantes, capables de raconter un pays, son histoire, ses peuples et ses transformations mieux que n’importe quel livre.
Et puis tous ces autres personnages dont personne ne parlera jamais dans un livre et qui, pourtant, mériteraient souvent d’avoir leur propre chapitre.
Parce que les voyages ne sont pas seulement faits de paysages.
Ils sont surtout faits de gens.
Je ne suis pas quelqu’un qui rentre très facilement dans une case. Cavalier, motard, plongeur, aéronaute, voyageur… On peut ajouter les étiquettes les unes derrière les autres, mais aucune ne raconte vraiment l’ensemble.
Au Portugal, j’ai été guide de randonnées équestres.
En Namibie, j’ai été guide de safari pendant un mois.
À Paris, j’ai assuré les vols nocturnes du Ballon de Paris durant deux saisons.
Et puis, depuis maintenant dix ans, j’écris aussi pour les magazines dirigés par mon ami Collin : d’abord Road Trip Magazine, puis Globe Ride Magazine, où je l’ai suivi.
Juste comme ça… pour essayer.
Et puis, il y a ces paradoxes chez moi : dans la vie quotidienne, je peux être parfaitement bordélique. En revanche, dès qu’il s’agit d’une activité qui me passionne, chaque chose doit être à sa place.
Je peux mettre des mois à parcourir seulement 2 000 km et, si le besoin s’en fait sentir, parcourir cette même distance en une journée, dans une sorte de marathon insensé.
Aujourd’hui, j’ai envie de raconter tout ça.
Pas pour faire croire que j’ai eu une vie extraordinaire à chaque instant. Ce serait faux.
Mais parce qu’au fil des années, des voyages et des rencontres, on finit par accumuler une quantité incroyable d’histoires.
Certaines sont réellement extraordinaires.
D’autres sont complètement absurdes.
Et certaines, sur le moment, paraissaient tellement insignifiantes qu’on ne comprenait pas encore qu’elles deviendraient, quelques années plus tard, les souvenirs auxquels on tient le plus.
Alors ce site sera tout ça à la fois.
Un carnet de bord.
Un endroit où je parlerai de chevaux et de haute école, de motos, de plongée, de montgolfière, de voyages, d’Afrique, du Pakistan, de rencontres improbables, d’anecdotes et de toutes ces petites histoires qui, mises bout à bout, finissent peut-être par raconter une vie.
Et si vous vous demandez pourquoi Jef le Saltimbanque…
C’est probablement parce qu’un saltimbanque passe d’un univers à l’autre sans trop se demander si tout cela entre dans une logique de carrière.
Il avance.
Il regarde.
Il apprend.
Il rencontre des gens.
Et parfois, il se retourne et se demande comment il a bien pu arriver jusque-là.
Alors bienvenue.
Vous êtes ici chez Jef le Saltimbanque.
Et l’histoire n’est pas encore terminée.
Archive : mon ancienne présentation
Il était une fois…
En 2003, je suis partie sur les routes d’Afrique pour un voyage de plus de 16 mois. J’ai souffert, beaucoup, énormément même. Pas mal de casse, surtout au départ. Mais que de plaisirs aussi, que de rencontres, que d’aventures et que de joies ! Parcourir ces pistes de sables ou de latérites, dormir là où la nuit nous trouvait, se réveiller avec le soleil sous le cri curieux de quelques singes de passage, tout cela et bien d’autres choses encore restent d’une intensité de vivre sans égale. Mais, plus de 55 000 km plus tard, il fallut bien revenir. Ce fut difficile, il faut bien le dire.
J’ai été remisée au fond d’un garage, délaissée pour une plus belle, une plus jeune. Quand la porte s’ouvrait, j’espérais une sortie. Même une petite balade d’une heure m’aurait suffit. Juste le plaisir de dégripper mes roues, faire tourner mes culbuteurs, décrasser mes soupapes. Mais non, c’était toujours l’autre qui partait. Il m’avait définitivement oublié. « Il », c’est mon propriétaire. Ses amis disent qu’il est un peu fou. C’est vrai qu’il l’a été sans doute. Un fou passionné, un fou amoureux, un fou tout court. Mais, je trouve qu’il s’est plutôt assagi ces dernières années. Il mène désormais, une vie sédentaire, tranquille et sans risques.
Un matin il est sorti, avec l’autre, ma rivale. Mais le soir venu, ils ne sont pas revenus comme d’habitude. Jalouse, j’ai imaginé qu’ils étaient partis tous les deux loin vers d’autres contrées sur des pistes et des routes sans fins. Je me suis prise à le détester de m’abandonner ainsi dans ce garage.
Au bout de quelques jours, la porte s’est ouverte de nouveau. Mais ce n’était pas lui, juste des étrangers qui ramenait l’autre, celle que je détestais tant, fourche tordue et phare cassé. Avant qu’ils ne repartent, j’ai entendu des mots inquiétants : « accident », « hôpital », « opération », mais la porte s’est refermée avant que je n’ai pu en savoir plus.
Les jours ont succédés aux jours, les semaines aux semaines. Ma rivale n’était plus qu’une moto brisée et nous avons attendu longtemps toutes les deux dans le noir.
Un jour enfin la porte s’est de nouveau ouverte. C’était lui, dans un fauteuil roulant certes, mais c’était bel et bien lui. Il était vivant ! Mais là encore, il ne m’accorda pas un regard. C’était pour elle qu’il venait. Il passa un long moment à évaluer ses blessures. Je l’ai entendu parler au téléphone. J’ai compris que c’était avec l’assurance. Il allait la faire soigner. Moi je continuais de rouiller, seule dans mon coin.
Sa convalescence fut longue. Ma rivale fut sur ses roues bien avant qu’il ne puisse remarcher normalement.
Un matin, il a ouvert le garage. Pour la première fois depuis plus de 10 ans, je suis sortie de mon silence. Non sans une certaine gêne, je lui demandais alors :
- – « Quand repart-on ? »
Il s’est tourné vers moi, interloqué.
- – « Cela fait plus de 10 ans que je suis ici sans sortir, je m’ennuie » continuais-je
Il eut l’air embêté. Il bafouilla, objecta sa blessure, la hanche, le poignet, le genou et le bassin fracturé. Il me parla de son âge, 53 ans, de l’embonpoint qui s’est installé au fil des ans (c’est vrai qu’il a pris au moins 20 kg), du plaisir de cette vie tranquille et paisible qu’il avait désormais.
Il a parlé, je l’ai écouté.
Il s’est tu et lentement s’est dirigé vers la porte. Il fuyait.
Désespérée, je lui ai lancé :
- – « Et alors ? »
La porte s’est refermée, et je suis retournée à mon ennui.
Quelques jours plus tard, la porte s’est de nouveau ouverte.
Dépitée, j’ai pensé qu’il venait pour l’autre encore une fois. Mais non, c’est moi qu’il venait chercher. Non sans mal, il faut dire que je fais mon poids, il m’a hissé sur une remorque et nous sommes partis vers le Sud.
Inquiète, j’imaginais le pire : Aurait-il décidé de me vendre ? Ou pire encore, de me mettre à la casse ?
Au bout de quelques heures, nous sommes arrivés dans un petit village du Sud-Ouest. Un homme est sorti d’une maison. Pas très grand, le cheveu un peu moins noir qu’autrefois, je l’ai immédiatement reconnu : Jean CASTERA, l’homme qui m’avait préparée au grand périple Africain plus de 10 ans auparavant.
C’est à ce moment là que j’ai compris : nous allions repartir !!!
Ah oui, j’ai oublié de me présenter : moi, je suis « l’Africaine », une BMW R100 GS de 1991, et mon propriétaire un modèle défectueux de 1962. On l’appelle « le Saltimbanque Amoureux ». Allez savoir pourquoi ?!




2 Comments
Salut Jean-Jacques, c’est Jose, on s’est croisés peu avant ton passage de la frontière entre la Géorgie et la Turquie. Je prendrai le temps de parcourir plus avant ton site mais déjà, que de beaux voyages !
La page « contact » s’affiche en « error », mais tu as mon courriel, si tu penses à m’envoyer l’adresse backpacker à Bakou.
Bonne fin de voyage !
Bonjour Mr Aneyota,
Je ne peux m’empêcher de vous laisser un petit commentaire tant je me sens proche de vous. J’aime les voyages et la moto, je pilote des montgolfières pour gagner ma vie ,histoire de garder la tête dans les nuages. J’ai volé 6 ans en Namibie et j’ai rencontré ma femme d’origine Rwandaise, j’ai eu 2 beaux enfants et j’essaye de voyager un peu mais la vie de famille et les finances me tiennent loin des grands voyages bien que j’ai pu aller plusieurs fois à moto au Maroc et récemment au Sénégal via la Mauritanie. Les premiers passages de votre livre m’a remis en mémoire tous les bons moments de mon périple. J’aurais tellement voulu avoir la possibilité de vous rencontrer un jours.
Je vous remercie pour la générosité d’avoir partager quelques moments d’émotions grâce à votre livre.
Au plaisir de peut-être un jour se croiser sur la route.
Amitié motarde.
Thierry