Afrique - 2003/2004

La fin du voyage !

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Non, non, pas ce voyage. Celui de 2003-2004.

Alain, mon ancien compagnon de route, m’a récemment transmis les mails que j’avais écrits à l’époque. Nombreux sont les lecteurs du Bandana bleu qui auraient voulu connaître la suite du voyage, puisque dans le livre j’interromps le récit au Cap de Bonne-Espérance.

J’ai assez peu de notes de cette période. Après l’Afrique du Sud, il y a eu le Swaziland — où je me suis salement abîmé un genou lors d’une chute — puis le Mozambique, où j’ai attendu durant un mois sur une plage que ledit genou se consolide (avec au passage quelques plongées pour observer requins-baleines et raies manta)

Ensuite, j’ai rallié la Tanzanie via le Malawi.

Ce mail, et les suivants que je publierai dans les prochains jours, parlent de cette période : celle où, moto hors d’usage et finances au plus bas, j’ai dû prendre la décision de rentrer, non sans une dernière aventure au Rwanda, qui commémorait alors les dix ans du génocide.

Bonne lecture.

La fin du voyage ! 

La reprise a mal commencé (après la pause obligatoire au Mozambique pour cause de blessure – durant un mois, je pouvais tout juste poser le pied droit par terre)

Une chute.
Un genou abîmé.

Bon… ça fait partie du voyage.

Ce qui m’a vraiment fait râler, c’est d’avoir été obligé de rester sur le goudron. Le goudron, ça manque de sel. De piment aussi. Mais j’aurai été incapable de relever la moto seul. Le genou aurait flanché. 

Ensuite, il y a eu une nouvelle fuite du joint spi de la fourche, et les freins avant se sont bloqués. Mais là, je suis rodé : pas de problème pour réparer.

Souvenez-vous : au début du voyage, j’étais novice en mécanique.

Eh bien ce n’est plus vraiment le cas maintenant.

Et puis, avant-hier, c’est l’amortisseur arrière qui a rendu l’âme. Un minuscule trou dans le flexible de la molette de réglage… et l’huile qui s’en va. Impossible à réparer.

La seule solution serait d’en faire envoyer un autre.

Ce serait possible. Jean Castera — qui depuis le début du voyage, et même avant, m’aide à distance à réparer les bourdes que je commets — pourrait m’en expédier un. Comme la fois où j’ai cassé le fourreau de fourche.

Merci à lui mille fois. Et merci aussi à tous ceux qui m’ont aidé.

Jean en a un d’occasion.

Mais… C’est bientôt la fin.

Mes finances sont… disons en fin de saison sèche. Il est temps que la saison des pluies arrive.

Bref.

Je me dis qu’il serait sans doute idiot de payer l’expédition d’un amortisseur par DHL.

Alors peut-être est-il temps d’écrire le mot :

FIN

Et pourtant ça me fait drôle.

Drôle de penser que je ne vais plus parcourir les pistes africaines.

Parce qu’on y prend goût. C’est même grisant.

Un seul regret : trop de temps passé en Namibie et en Afrique du Sud.

Ce n’est pas l’Afrique. Enfin… pas MON Afrique. Pas celle que j’aime.

Ce n’est pas le milieu de nulle part.

Ce n’est pas seulement la poussière, les vibrations, les trous, les bosses, les ravines.

Ce ne sont pas seulement les villages, les pistes qui se perdent à l’horizon.

Ce sont surtout les gens.

Les gens qui viennent vers vous avec un sourire aux lèvres.

Tout cela, c’est l’Afrique que j’aime.

Et il reste encore tellement de choses à faire ici.

Tellement de paysages à découvrir. Tellement de rencontres à vivre.

Je veux aller au fin fond du Sahara. Je veux traverser le Zaïre d’est en ouest.

Je veux m’enfoncer au cœur de la forêt pluvieuse.

Tout cela… Je le ferai…

La prochaine fois.

Avec une moto plus légère, sans doute.

Pour l’heure, il me reste une chose à faire : aller voir le dernier groupe de Constellation au Rwanda.

La moto, elle, va finir son voyage à Dar es Salaam.

Mais elle repartira.

Elle aussi.

En Afrique… ou ailleurs.

Après une sérieuse remise en état.

Pour le moment, elle va m’attendre ici, chez Henrick.

Moi, je vais prendre le train jusqu’à Mwanza. Ensuite le bus, direction Kigali.

Puis je reviendrai à Dar, et de là je prendrai l’avion. La moto suivra.

Et nous finirons par un petit tour de France au mois de mai. Par les petites routes. Celles qui tournent.

Parce que les autoroutes, elle ne les supporterait pas.

Allez voir les amis en Alsace, à Grenoble, Annecy, Montpellier, Toulouse et Pau.

Et puis…

Je verrai bien.

La vie est encore longue.


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