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Cette fois, ça y est… Avec près de quatre mois de retard sur le planning initial, je suis arrivé à Kigali afin de rejoindre le dernier groupe Constellation. (rappel : ONG culturelle fédérant plusieurs groupes d’éveil par la peinture dans le monde). Il ne me reste plus qu’à aller à dans leur village : Nyakabanda
A priori, ce n’est pas très loin, a priori, et les indications d’Alphonse, l’animateur, sont simples et claires : aller à Gitarama, puis de là, prendre un motard (une moto-taxi) pour aller à Nyakabanda. Il m’attend à COFORWA.
Gitarama, c’est à 40 ou 45 km seulement de Kigali et il y a des minibus qui y vont.
Nyakabanda, en revanche, je ne l’ai pas trouvé sur la carte. Sans doute un petit village à proximité ; cela ne devrait être qu’une formalité.
Il y a juste un détail qui me chiffonne : Alphonse m’a écrit que le prix de la course en moto est de 5000 francs rwandais, soit environ 10 dollars… une fortune ici.
Mais bon… sans doute une faute de frappe.
Je pars donc. Il fait beau et j’ai toute la journée devant moi.
Et c’est sans encombre que je gagne Gitarama.
Le bus s’arrête sur une grande place en terre. À quelques pas, des motards attendent le chaland.
Je me dirige vers eux.
— Nyakabanda ?
La réponse me revient sous la forme d’un éclat de rire.
Le muzungu veut aller à Nyakabanda !
En deux secondes, la nouvelle fait le tour de la place. C’est l’hilarité générale.
Un homme, incrédule semble-t-il, me fait répéter :
— Nyakabanda ? Vous êtes sûr ?
— Oui, oui… Nyakabanda ! À COFORWA !
— C’est 5000 francs.
La somme est énorme. Pour venir de Kigali en minibus, j’ai payé 600 francs.
Mais cela correspond à ce que m’a dit Alphonse.
J’acquiesce donc, quelque peu dubitatif.
L’homme attache mon sac à dos sur le porte-bagages, puis nous partons.
Dix mètres plus loin, un gamin arrive en courant.
Arrêt.
Il remplit le réservoir d’huile.
Nouveau départ.
Nouvel arrêt cinquante mètres plus loin : cette fois, c’est le réservoir d’essence qu’il faut remplir.
La discussion entre le pompiste et le motard est animée. Je ne comprends que deux mots :
Nyakabanda
et Muzungu.
Les pleins faits, nous repartons enfin…
Pour nous arrêter de nouveau cinq cents mètres plus loin.
Le chauffeur disparaît dans une maison.
Seul sur la moto, j’attends.
Qu’est-il parti faire ?
Il m’a bien dit quelque chose, mais c’était en kinyarwandais… et mes notions sont des plus limitées, voire inexistantes.
J’attends donc.
Il ressort enfin…
Vêtu d’un épais blouson.
Putain… c’est où, Nyakabanda ?
Mais cette fois, c’est vraiment le départ.
Très vite, la route serpente dans les montagnes. C’est magnifique et, si je n’avais pas tant horreur d’être passager sur une moto, je goûterais la balade avec un plaisir sans mélange.
Mais là, j’ai surtout hâte d’arriver.
C’est donc avec joie que j’aperçois, au bout d’environ quarante minutes, un panneau indiquant Nyakabanda.
Il n’y a pas d’indication kilométrique.
Mais comme nous quittons la route goudronnée, je me dis que cela ne doit plus être très loin.
Pas très loin…
Juste 25 kilomètres d’une mauvaise piste boueuse dans les montagnes.
Juste une heure de plus à me cramponner derrière cette foutue moto.
Mon GPS m’indique qu’à vol d’oiseau je ne suis qu’à 43 km de Kigali…et pourtant j’ai la sensation d’être arrivé au bout du monde.
Il ne me reste plus qu’à trouver COFORWA et Alphonse.
Etape 3 :
En fait Gitarama était à 90 km de Kigali et non 45, comme je l’ai noté à l’époque. Cette ville a changé de nom depuis 2006 et s’appelle désormais Muhanga. je pense donc que le trajet avait du durer 3 bonnes heures à l’époque. Ensuite pour joindre Nyakabanda (-1.852200, 29.695267), il m’avait fallu 2 heures de plus en moto taxi
A suivre : la vie à Nyakabanda







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