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Carnet de bord du 13 juillet au 22 juillet.
Dans ce chapitre :
Un peu de philosophie – Le retour des ennuis mécanique – Une visite chez la Dermato – une engueulade avec un « flic »
14 juillet 2026 – Pensées vagabondes
EXPATS !!
Sur certains forums, le débat revient souvent : pourquoi parle-t-on d’« immigrés » pour les personnes qui viennent vivre en France, alors que les Français qui s’installent à l’étranger se présentent volontiers comme des « expats » ? Il est vrai que le mot « expat » bénéficie aujourd’hui d’une connotation souvent plus valorisante ; à contrario, le terme « immigré » est presque devenu péjoratif. Pourtant, à l’origine, un expatrié n’était pas simplement quelqu’un qui vivait à l’étranger. Dans le monde de l’entreprise, il s’agissait d’un statut bien précis : un salarié envoyé par son employeur dans un autre pays pour une durée déterminée, avec un contrat d’expatriation prévoyant généralement un certain nombre d’avantages, comme le logement, la prise en charge de la scolarité des enfants, une indemnité d’installation, des billets d’avion réguliers pour rentrer en France ou encore des assurances spécifiques (et un salaire pouvant, à l’époque, être le triple de celui normalement perçu en France). Quand j’étais enfant, c’est uniquement dans ce sens que le terme était utilisé. Je me souviens d’ailleurs d’un ami français à qui l’on demandait un jour : « Tu rentres en France cet été ? » Il avait répondu : « Non, je ne suis pas expat. » Sous-entendu : il était employé sous contrat local. Les billets d’avion pour toute la famille n’étaient donc pas pris en charge, et un retour en France représentait une dépense importante. Aujourd’hui, le terme s’est largement galvaudé et ne désigne plus seulement les personnes bénéficiant d’un véritable contrat d’expatriation. Cela m’amène à une autre réflexion, illustrée par les photos de ce post. On reproche souvent aux immigrés de ne pas suffisamment s’intégrer. Mais est-ce un comportement si particulier ? Ces photos montrent un méchoui organisé entre Français en Turquie. Une fois par an, nous nous retrouvions pour une journée entière. Nous creusions un ou plusieurs fours dans le sol, selon le nombre de moutons à cuire, puis nous passions la journée ensemble autour d’un grand repas. Pour avoir vécu plusieurs années à l’étranger, j’ai constaté que ce phénomène est presque universel. Quelle que soit leur nationalité, les communautés ont naturellement tendance à se retrouver entre personnes partageant la même langue, les mêmes références culturelles et les mêmes habitudes. C’est un comportement profondément humain. Les enfants échappent davantage à cette logique. Grâce à l’école, aux jeux et à leurs amis, ils sont en contact quotidien avec la culture du pays où ils grandissent et développent plus facilement une double culture. Chez les adultes, c’est plus compliqué. J’ai également connu, en France, plusieurs familles d’origine immigrée qui avaient fait le choix de vivre en dehors des quartiers où se concentraient leurs compatriotes, justement pour favoriser cette intégration. À l’inverse, lorsque j’étais enfant, il existait un quartier que tout le monde appelait « le ghetto », non pas parce qu’il était pauvre, mais parce qu’il était habité presque exclusivement par des Français. Mes parents faisaient partie des rares familles françaises installées ailleurs (et encore, il y avait tout de même cinq familles françaises dans notre immeuble). Au fond, ce besoin de se rapprocher de ceux qui nous ressemblent existe dans toutes les communautés. Cela ne signifie pas qu’il est impossible de s’intégrer, mais simplement que les mécanismes humains sont souvent plus complexes que les slogans ou les jugements rapides. Avant de condamner les autres, il est parfois utile de regarder comment nous nous comportons nous-mêmes lorsque nous devenons, à notre tour, des étrangers. Petit jeu pour terminer : saurez-vous m’identifier sur ces photos ?
18 juillet – Les ennuis continuent …
Bon… Visiblement, ma moto a décidé que je m’ennuyais un peu trop. 😅 Le problème de surchauffe est de retour. Mais cette fois, j’ai peut-être enfin mis le doigt sur quelque chose. Le voyant de température s’allume… et le ventilateur, lui, reste désespérément silencieux. Ce qui est complètement déroutant, c’est qu’hier encore il fonctionnait parfaitement. Quand je suis arrivé, il tournait. Quand je suis reparti, il tournait. Aujourd’hui… plus rien. J’ai donc l’impression que la panne était intermittente et qu’elle a peut-être décidé, cette fois, de s’installer définitivement (ce qui devrait la rendre plus simple à diagnostiquer.) La grande question est maintenant : pourquoi le ventilateur ne se déclenche-t-il plus ? Les enquêtes mécaniques continuent. À ce rythme-là, je vais finir par obtenir un CAP de mécanicien … alors qu’au départ je voulais juste traverser l’Afrique à moto ! 😄🏍️🌍 (Je rappelle que je déteste la mécanique….)
Ah oui, et puis, puisqu’un malheur ne vient jamais seul, le pansement que m’a mis la dentiste semble être imparfait, puisque je ressens les sensations de chaud et de froid. Donc, ça va impliquer une nouvelle visite chez le dentiste. Je commence à tourner en rond.)
19 Juillet – Enfin la solution ???…
Je pense que cette fois, je tiens enfin le suspect le plus probable.
Au départ, lors de la première fuite, j’avais pensé que cela venait des joints de pompe modifiés au Nigéria. Il faut dire que l’évacuation du trou de drainage et celle du tuyau du vase d’expansion sont situées l’une à côté de l’autre. Faire la distinction au premier abord n’est donc pas évident. Et comme ces joints avaient été modifiés au Nigéria, je les ai accusés.
Puis :
1/ Première surchauffe au ralenti avec débordement par le vase d’expansion, que j’avais attribuée à une mauvaise purge du système de refroidissement suite au démontage. À ce moment-là, j’avais constaté que le ventilateur ne s’était pas déclenché. Mais comme il fonctionnait habituellement, je n’ai pas envisagé la possibilité d’une panne intermittente.
2/ Nouveau démontage de l’ensemble à cause de la vis foirée dans le carter… et nouvelle purge.
3/ Nouveau débordement quelque temps plus tard. Là encore, je l’attribue à une mauvaise purge et je refais une purge complète.
4/ Quatrième incident. Cette fois, pas de débordement : j’ai vu le voyant de température s’allumer et j’ai coupé le moteur immédiatement. Je n’ai pas pensé à vérifier si le ventilateur fonctionnait à ce moment-là.
5/ Après une minute d’arrêt, je redémarre. Tout fonctionne normalement et je rentre sans souci. En arrivant, j’entends cette fois le ventilateur tourner.
6/ Hier, je fais deux essais au ralenti. Dans les deux cas, le voyant de température s’allume sans que le ventilateur ne démarre… ce qui remet complètement en cause toutes les hypothèses que j’avais faites jusque-là.
7/ Un membre d’un forum dédié à cette moto me conseille de débrancher la sonde de température. Selon lui, cela force le calculateur à passer en mode dégradé et le ventilateur se met en route par défaut. Je fais l’essai… et effectivement, le ventilateur démarre immédiatement. Ce qui laisse fortement penser que la sonde est la coupable.
Aucune certitude, bien sûr, mais tous les éléments du diagnostic semblent désormais pointer dans la même direction.
Autre indice : depuis quelque temps, la moto cale sans cesse pendant la première minute à froid. Or, d’après les recherches que j’ai faites, ce symptôme peut également être provoqué par une sonde défectueuse qui envoie de mauvaises informations au calculateur.
Je croise les doigts…
20 juillet – Et ça continue ….(ouais pas trop original comme titre mais au bout d’un moment …)
Quand je vous dis que ce n’est vraiment pas ma période…
Tout à l’heure, je me gratte la jambe et je vois que je me suis fait saigner. En regardant de plus près, je découvre une petite lésion d’environ 1,5 cm.
Sauf que… cette lésion, je l’avais déjà remarquée il y a six mois, exactement au même endroit, à l’arrière de la jambe. À l’époque, j’avais pris une photo… puis je l’avais complètement oubliée. 😅
Je compare avec la photo : aucun doute, c’est bien la même.
Bon… six mois, ça commence à faire. Je crois que je vais ajouter un médecin de plus à ma tournée de la semaine. À ce rythme-là, je vais finir par avoir une carte de fidélité dans les cabinets médicaux de Yaounde… 😮💨
21 juillet – Alors, la chèvre… épisode je ne sais plus combien.
Chaque jour apporte sa découverte, chaque jour sa petite nouveauté.
Bonne nouvelle d’abord : Alain, l’ami avec qui j’avais fait le tour de l’Afrique il y a 25 ans, a commandé pour moi toutes les pièces dont j’ai besoin. Elles devraient arriver prochainement.
Aujourd’hui, rendez-vous chez le dermatologue. J’y vais avec la moto. Comme prévu, je laisse la sonde débranchée : le ventilateur fonctionne parfaitement. Je roule sans souci, je m’arrête chez le dermato (je vous ferai un compte-rendu ensuite), je redémarre, je vais faire quelques courses… toujours aucun problème.
Et puis, au dernier redémarrage… plus rien. Le ventilateur ne se met plus en route.
Là, ça remet un peu tout en question. Si le ventilateur ne démarre plus même avec la sonde débranchée, c’est sans doute que le fait qu’il soit reparti l’autre jour en débranchant la sonde n’était qu’une coïncidence.
Je fais alors tourner les pales du ventilateur à la main, je remets le contact… et cette fois, il repart immédiatement.
Du coup, l’hypothèse la plus probable devient celle d’un moteur de ventilateur défaillant de façon intermittente, probablement en fonction de la position dans laquelle il s’arrête. C’est désormais la piste la plus crédible.
Je vais donc arrêter de perdre du temps et commander un ventilateur neuf.
Concernant le dermatologue, c’est un peu comme ChatGPT – que j’avais « consulté » hier : elle n’est pas catégorique. Elle m’a prescrit un traitement assez générique pendant dix jours. Si la lésion ne régresse pas, il pourrait alors s’agir soit d’un carcinome basocellulaire superficiel. Ouais, c’est cancéreux mais très superficiel et cela se soignent très bien. Il suffira de la retirer par une petite intervention chirurgicale si le diagnostic se confirme.
Ce voyage devient décidément… différent des autres. Il faut le prendre avec philosophie.
Et puis, je ne vais pas me plaindre : je fais de belles rencontres, je suis installé dans un endroit agréable, je suis retourné aujourd’hui dans mon petit restaurant breton, et demain je devrais revoir mon ami franco-camerounais.
Finalement, tout va bien ….En fait maintenant je me marre presque et je me demande juste quelle est la prochaine tuile qui va me tomber dessus.
22 juillet – Une journée sans peau de banane ???
Alors que je circule dans Yaoundé, un œil sur mon vase d’expansion, un autre sur le témoin de température et le troisième (oui, j’ai trois yeux) sur la circulation, un homme se jette devant ma moto et m’intime l’ordre de m’arrêter.
Je refuse et tente de continuer. Il attrape alors mon guidon et le pousse, manquant de me faire tomber.
Je m’arrête – bien obligé – et, une fois n’est pas coutume, je pique une colère. J’ai horreur qu’on me pousse de cette manière.
C’est d’ailleurs la deuxième fois que je m’énerve dans la circulation de Yaoundé. La première, c’était lorsqu’une automobiliste m’avait très délicatement poussé avec son pare-chocs, m’envoyant m’affaler sur la voiture à ma droite. Heureusement, nous étions à l’arrêt. Les sacoches en aluminium me font un cul un peu trop généreux pour les rues de Yaoundé…
Bref, je m’engueule avec l’olibrius.
Il me répond, tout aussi fort, qu’il est de la police municipale.
— De quoi ??
Ce type en haillons – ou presque – de la police ?
Il exhibe une carte plastifiée pendue autour de son cou : « Fourrière municipale ».
Je ne baisse toujours pas le ton.
— La fourrière ? Mais ce n’est pas la police, ça !
Bref, on continue à s’engueuler quelques minutes devant la foule de plus en plus intéressée par la scène. C’est le spectacle !
Mais l’adrénaline commence à redescendre et en retrouvant mon self-control, je retrouve également mon arme secrète : l’humour.
J’éclate de rire.
— Mais enfin, comment veux-tu que je sache que tu es de la police ? Tu n’as même pas d’uniforme !
Il ouvre son gilet et me montre un vieux tee-shirt frappé du logo de la ville.
Mouais…
Je lui saisit la main chaleureusement.
— Écoute, j’ai cru que tu voulais m’agresser. Je n’avais absolument pas compris que tu étais de la police.
Il se détend lui aussi.
Il me demande mes papiers.
Vous allez rire … mais je n’en avais aucun sur moi. Mais, fort heureusement j’ai tous mes documents en photo sur mon téléphone.
Il me rappelle qu’en principe il faut les originaux.
Je reconnais qu’il a raison.
Il jette un – très – rapide coup d’œil aux photos, plus pour la forme qu’autre chose puis me rend le téléphone.
Finalement, nous nous quittons en nous serrant la main. Il est encore un peu contrarié… mais je distingue un sourire qui commence à apparaître au coin de ses lèvres.
Au final, ce petit échange vif m’aura permis de faire une petite diversion. Rien de mieux qu’une petite enguelade parfois. Cela fait circuler le sang.
Le soir, mon pote Alain m’annonce une mauvaise nouvelle : le ventilateur n’est plus disponible chez BMW.
Zut… (bon, je vais être honnête ce n’est pas exactement le mot que j’ai prononcé)
Il ne me reste donc que deux solutions : réparer le mien — ce qui devrait être possible — ou en trouver un d’occasion sur eBay. Cette deuxième option ne m’emballe pas franchement. Tant qu’à le remplacer, je préférerai du neuf. La moto vieilli et cela ne lui aurait pas fait de mal.
Je contacte un ami motard à Yaoundé pour lui demander le contact de son garagiste afin de tenter une réparation dès demain.
Puis je pars à la chasse au ventilateur sur eBay.
J’en trouve plusieurs. Tous d’occasion. Entre 70 et plus de 100 euros… sans compter les frais de port.
En regardant attentivement les photos, je distingue enfin la référence du véritable fabricant : SPAL VA69A-A101-87A – 12 V.
Et là…
Une idée me traverse l’esprit.
Et si…
Première étape : vérifier que mon ventilateur porte bien la même référence.
Je saisis ma lampe de poche – il fait déjà nuit – et me contorsionne pour lire l’étiquette.
Bon première bonne nouvelle : c’est la même référence que les pièces proposées sur ebay.
Deuxième étape : chercher non plus une pièce BMW… mais directement la pièce SPAL.
Quelques minutes de recherche…
Et là … bingo !
Je trouve exactement le même ventilateur… neuf.
63 euros.
Autrement dit : moins cher que les modèles d’occasion vendus sur eBay.
Et, cerise sur le gâteau…
Les frais de port sont offerts ! Et expédition annoncée dans les 24 heures!
Mon ange gardien aurait-il décidé d’arrêter de me taquiner ?
Je reste méfiant… il est fourbe le coquin.
Vivement la fin du film …





















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