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19 avril 2026 – Ghana – Vers Lomé
Sur la route menant à Lomé, je suis obligé de faire une pause dans une station-service. J’y reste longtemps.
J’avoue que, depuis quelques jours, j’ai du mal. La reprise est dure. Ça a toujours été dur au début de mes périples. Ma vie sédentaire est trop… sédentaire. Les reprises ont donc toujours été difficiles. Mais jamais autant.
Il faut dire que je cumule : d’une part, j’ai attaqué directement par de la piste, dont certaines portions étaient, disons… pas simples. Et, comme si cela ne suffisait pas, j’ai enchaîné problèmes et avaries, le tout sous une chaleur tout à la fois intense et lourde.
Mon corps doit se réadapter. Et je lui en demande beaucoup à la fois. Mon traitement habituel anti-HTA n’a rien arrangé : il me provoquait d’importantes chutes de tension qui m’ont laissé sans force.
J’ai décidé de l’arrêter. Ce n’est pas la première fois, mais alors que d’habitude je le diminue progressivement jusqu’à trouver l’équilibre, cette fois j’ai dû le stopper brutalement : la tension était trop basse.
Conséquence : ma tension est redevenue normale. Totalement. Mais mon cœur, lui, s’est emballé.
Me voilà donc à attendre dans cette fichue station-service. Plus d’une heure à espérer que ma FC redescende sous la barre des 100 pulsations par minute. J’étais à 120 en arrivant. Et pourtant, ce n’est que de la route « normale ».
Qui va piano, va sano.
C’est ma devise du moment. Je n’ai pas trop le choix, de toute manière.
19 avril 2026 – Togo
La frontière s’est passée sans problème. Douaniers sympas, ambiance tranquille.
Ensuite, j’ai décidé d’aller à l’hôtel.
Histoire de trouver une clim.
Histoire de faire redescendre ma température corporelle.
Et ma fréquence cardiaque également.
J’arrive dans une sorte d’hôtel. Grande cour fermée. C’est parfait pour la moto, elle y sera en sécurité.
L’intérieur est constitué d’un immense couloir qui n’est pas sans rappeler une coursive pénitentiaire.
Le prix ? 3 000 CFA l’heure… L’heure ?
Enfin, c’est ce que m’annonce la femme qui semble gérer le truc. Mais non, ce n’est pas la gérante. Elle n’est là que pour surveiller. Ça a l’air vide… Ah oui, ça se loue à l’heure… Elle ne connaît pas le prix pour une nuit complète. Le gérant doit arriver.
En attendant, elle me donne une chambre.
Il y a un lit. Une clim. Ça sent un peu le renfermé, mais c’est assez classique dans ce genre d’hôtel. Je me dis que ma tente est plus confortable. Plus hygiénique aussi. Mais je sens que mon corps a besoin de repos.
Le gérant arrive un peu après. Il est sympa. Je lui demande où je peux manger. Il n’y a rien à proximité et j’ai la flemme de reprendre la moto. Le gérant part me chercher un repas et deux Coca. Du poisson. Excellent malgré les arêtes.
Voilà.
J’ai bien dormi.
20 avril 2026 – Lomé
Chiffres du jour : étape de 30 km.
L’étape du jour va être courte : 30 km à peine.
À Lomé, je dois voir Cynthia, la sœur d’un vieil ami, Fredo. J’ai commandé une tête de chargeur à induction pour mon Quad Lock. C’est Fredo qui s’est chargé de me trouver un convoyeur, et sa sœur doit me la remettre.
Ce même Fredo qui m’avait déjà aidé il y a vingt-trois ans. Grâce à lui, à l’époque, nous avions pu récupérer des pièces détachées pour les motos… et un casque pour moi.
La moto, quant à elle, tourne comme une horloge.
À Lomé, je loue une sorte de petit appartement, au « Manoir Péniel ». Encore une fois, ma priorité en ville est de trouver un endroit sécurisé pour la moto.
Et, encore une fois, une clim pour moi.
N’allez pas croire que cela fasse partie de mes habitudes. Bien au contraire : généralement, en voyage, j’évite la clim… mais là, j’en ressens littéralement le besoin.
Le personnel est adorable, comme souvent en Afrique.
Le soir, je vais marcher dans les rues en terre. La vie semble tranquille. J’y suis anonyme. Cela me convient.
Je mange un plat de spaghettis à la viande : 1 500 CFA (2,30 euros). Excellent, mais vraiment « spicy ».
Cynthia m’avertit de passer demain matin à son bureau afin de récupérer la pièce.
21 avril 2026 – Lomé toujours !
Chiffres du jour :
- Km : 9,5
- et une invitation dans un super resto en bord de mer.
Le matin, je me prépare tranquillement. Il n’y a que 9 km jusqu’aux bureaux de Cynthia. Puis une cinquantaine jusqu’à la frontière. Puis encore 10 pour atteindre Grand-Popo, où j’ai prévu de passer la nuit.
Mais alors que je grimpe sur la moto, mon T-shirt est déjà dégoulinant de sueur. J’arrive dans les locaux de l’entreprise où travaille Cynthia vers midi.
Elle me propose de déjeuner ensemble : elle a ses habitudes dans un resto tout proche, sur la plage. De surcroît, elle m’invite. Cela ne se refuse pas !
Et comme cela ne suffit pas, elle m’invite également le soir à dîner chez elle…
Bon, le Bénin, ce ne sera pas pour aujourd’hui encore !
Dans l’après-midi, je rencontre Sébastien, un motard français. Enfin, c’est lui qui m’accoste. Il a vu ma moto. Il est lui-même venu de France à moto afin d’assister au mariage de son beau-frère, qui doit avoir lieu dans les prochains jours. Un sacré personnage et, alors que je discute avec lui, je décide d’en faire le sujet de mon prochain article dans Globe Rider Magazine.
22 avril 2026 – Grand-Popo – Bénin
Je n’ai plus le choix : je dois y aller, mon visa togolais expire ce jour.
Là encore, je ne prévois qu’une petite étape. Je connais un endroit sympa à Grand-Popo et j’ai bien envie d’y chiller une journée en bord de mer.
Je m’arrête à Awalé. Je connais le gérant, Thierry, un Belge.
Le soir, je fais connaissance avec un jeune couple : Yoni et Laurie. Il est d’origine guyanaise. Lui et sa copine – enfin sa meilleure amie, ce n’est pas un couple officiel – ont entrepris un tour du monde en stop. Ils sont dans l’attente d’un cargo censé les amener du Togo au Cameroun. Pour des raisons de visa, ils ont décidé d’attendre le feu vert côté Bénin, non loin de la frontière.
Entre nous, le courant passe immédiatement et je décide de rester un peu afin de profiter de leur compagnie… J’ai le temps, mon visa RDC est valable jusqu’à fin juin.
Dans l’attente, j’en profite pour remplir le nouveau formulaire en ligne de demande d’e-visa nigérian.
30 avril 2026 – Cotonou
Je me foutrais des baffes : je me suis trompé de site en faisant ma demande de visa nigérian. Au lieu de saisir ma demande sur le portail de l’e-visa, je l’ai effectuée sur celui du visa traditionnel via l’ambassade.
Il faut dire que la différence est subtile : les formulaires sont les mêmes et l’adresse web ne comporte qu’une seule lettre de différence : le « e » de « eVisa » (au lieu de « visa »).
Bref, il me faut aller à l’ambassade du Nigeria à Cotonou, qui passe pour être l’une des plus corrompues d’Afrique.
Yoni et Laurie me rejoignent à Cotonou.
En quelques jours, nous sommes devenus inséparables.








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