Carnets de bord, Saison 3 - 2026 - Afrique

Carnet de route – mai 2026 – Bénin et Nigéria

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Du 1er au 9 mai 2026 – Cotonou

À Cotonou, je retrouve mes affaires laissées il y a presque un an ainsi que mes habitudes.

Lorsque je parle de mes affaires, il s’agit d’un train de pneus neufs pour la moto et d’une petite valise cabine d’avion que j’avais laissée là, sous la bonne garde de Madame Angèle.

Du reste, je ne sais pas où je vais pouvoir loger tout cela ! Je me retrouve avec pas mal de choses en double : des T-shirts, des paires de chaussettes, des caleçons, un gilet polaire, des filtres à huile et des bouteilles de répulsif anti-moustiques. Pour les répulsifs, cela tombe bien puisque nous sommes au début de la saison des pluies. Il y a également quelques affaires que je suis content de retrouver, telles que mes cartes Michelin et mon panneau solaire. Il y a aussi deux pantalons. Là encore, cela tombe bien : ceux que je porte tombent en lambeaux. Mais un tri s’impose !

Avec Yoni et Laurie, nous passons quelques soirées sympas. Ils attendent toujours leur fameux cargo — qui devient de plus en plus hypothétique — censé partir de Lomé pour Douala. L’idée est pour eux de shunter le Nigeria, dont le visa est devenu hors de prix (plus de 500 euros pour deux…).

Le mardi soir, c’est soirée ciné sur la plage à la Cabane du Pêcheur. Je n’ai même pas besoin de donner mon nom pour réserver : le patron me connaît et, le soir venu, notre petit groupe de cinq trouve sa table idéalement placée devant l’écran.

Soirée ciné ET pizza.

Le film projeté est Projet Dernière Chance. Il y avait Yoni et Laurie bien entendu, mais également Vincent l’Amiral. Vincent et moi étions déjà en contact mais n’avions jamais pris le temps de nous rencontrer. Il vient de Martinique et a décidé de s’installer au Bénin il y a cinq ans. Super sympa.

Le film, relativement long — 2 h 30 — s’est terminé sous une pluie tropicale. Seule notre table a fait de la résistance : c’était à celui qui résisterait le plus longtemps… J’ai été le second à quitter la table. Mais bon, l’eau est chaude et on sèche vite. Simplement, avec les lunettes pleines d’eau, je n’y voyais plus rien.

Le jour du départ des jeunes, nous visitons la Venise africaine, j’ai nommé Ganvié, en pirogue avec Vincent comme guide. Petite prise de bec avec des gamins un peu agressifs qui commencent par m’aboyer dessus parce qu’ils voient ma GoPro :

— Pas de photo !

me lancent-ils, tout en me réclamant de l’argent.

Rien de grave. Même si je comprends qu’ils puissent en avoir assez d’être photographiés, je leur fais remarquer que l’on n’agresse pas un ancien à la barbe blanche. Du reste, je ne les filmais pas ; c’était un simple plan d’ensemble de la lagune.

Du 10 au 19 mai 2026

Le 10 mai est une journée en demi-teinte. D’un côté, c’est mon anniversaire et, de l’autre, Yoni et Laurie ont le palu. Oui, en même temps. Je leur avais pourtant dit à Grand-Popo de faire attention le soir. Ah, ces jeunes… 😉

Durant cette période, j’apprends également le décès d’Issa Omidvar survenue le 9 mai à l’âge de 97. J’avais eu l’insigne honneur de l’interviewer à Téhéran en 2019. (voir article : le dernier des mohicans)

Après le départ de Yoni et Laurie, je décide de rester quelques jours de plus afin de boucler mon prochain article pour Globe Rider Magazine. Durant ce laps de temps, j’ai le bonheur de déjeuner avec Fredo, un vieil ami togolais de passage en Afrique. De nous deux, il est visiblement celui qui supporte le moins bien la chaleur désormais.

Je lui remets un énorme sac de… couches-culottes (voir le post : Les couches-culottes de Cotonou), et ce n’est que le 19 mai que je me décide finalement à reprendre la route en direction du Nigeria.

Mardi 19 mai 2026 – Départ de Cotonou et entrée au Nigeria – Frontière non loin de Kétou

Départ de Cotonou enfin, assez tôt le matin, vers 8 h 30.

J’avais prévu de partir le lundi, mais les départs après une période d’arrêt sont toujours compliqués. J’en ai donc profité pour peaufiner mon paquetage.

Le départ se fait sans encombre. Les abords de Cotonou sont dégagés : de grandes avenues de quatre à six voies, avec des contre-allées réservées aux deux-roues. Au début, je roule dans ces contre-allées, mais le rythme est un peu trop lent pour moi et je finis par rejoindre la voie principale.

La circulation est relativement fluide, du moins pour les voitures. Beaucoup moins pour les zem-zem, ces petites motos de 125 cm³ qui constituent l’essentiel du paysage des deux-roues au Bénin. Je n’ai dénombré qu’un seul vélo.

Vers la frontière nigériane

La route se déroule sans incident. Quelques petites averses tombent, mais je ne prends même pas le temps de me couvrir. Cinq minutes après chacune d’elles, j’étais déjà sec.

Court arrêt à Kétou afin de manger un shawarma. La ville comporte une ou deux larges avenues, mais le reste est essentiellement composé de rues de sable et de terre.

Puis départ vers le Nigeria.

J’arrive à la frontière nigériane… sans avoir effectué les formalités de sortie du Bénin.

Je suis donc obligé de retourner à pied jusqu’au bureau des douanes béninoises. La formalité prend un certain temps, notamment parce que le douanier veut absolument voir mon visa imprimé alors que je l’ai laissé dans la moto. J’en ai bien un exemplaire sur mon téléphone, mais nous mettrons au moins trente minutes à tenter de nous connecter en Bluetooth.

Passage de frontière

Côté nigérian, les formalités ne se font pas au poste de douane lui-même, mais au bureau de l’immigration, environ un kilomètre plus au nord.

Lorsque j’arrive au bout d’une grande avenue à quatre voies quasi déserte, bordée de bâtiments semblant vides, je me retrouve autour d’un rond-point qui ne mène nulle part, entouré de bureaux paraissant désaffectés.

Un homme sort. Un militaire armé d’un pistolet-mitrailleur.

Je lui demande où se trouve l’immigration. Il me désigne l’un des bâtiments.

La pièce est assez spacieuse, équipée de ventilateurs qui ne tournent pas.

Un homme est assis derrière un petit bureau en bois. Il me fait signe de m’asseoir sur l’une des deux chaises — également en bois — placées devant lui.

L’homme est affable. Il ne semble pas voir passer beaucoup de touristes. Il examine mon visa, puis sort une pochette remplie de tampons. Il en choisit un et appose le cachet sur mon passeport.

Il m’avertit que je dispose d’un mois.

C’est largement suffisant pour traverser le Nigeria, mais cela rend ce visa extrêmement cher au nombre de jours réellement passés sur place.

Je rappelle que je l’ai payé 334 €.

Nous nous saluons et il me souhaite bon voyage.

Premiers kilomètres au Nigeria

Les premiers kilomètres sont tranquilles.

Petite route qui serpente doucement au milieu d’une campagne verdoyante.

Je remarque un nombre impressionnant de stations-service, dont la grande majorité sont soit fermées, soit abandonnées. À un moment, j’en compte pas moins d’une vingtaine sur moins d’un kilomètre.

J’aurai l’explication de ce mystère un peu plus tard dans l’après-midi.

En fait, l’essence est beaucoup moins chère au Nigeria qu’au Bénin. Le trafic informel avait donc pris l’habitude de traverser la frontière pour faire des stocks. Un accord entre les deux pays a conduit à interdire la vente d’essence dans un rayon de 25 km après la frontière, provoquant la fermeture massive d’innombrables stations construites pour ce commerce.

Une atmosphère oubliée

Ces premiers kilomètres sont aussi pour moi l’occasion de retrouver une ambiance que j’avais presque oubliée : celle de l’Afrique de l’Ouest d’il y a vingt ans.

Des visages souriants, étonnés, curieux de voir passer un étranger.

C’est quelque chose que je n’avais plus vraiment retrouvé ces derniers mois en Afrique de l’Ouest — ou alors rarement — que ce soit au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Togo, au Bénin ou dans les autres pays traversés.

Rencontre avec les motards nigérians

Je rejoins Big Bam, Lucy et Ibi à Olorunda.

Ce sont des motards nigérians venus m’accueillir et m’escorter.

À partir de là, le paysage change.

La circulation devient dense et, malgré les grandes avenues, il est parfois difficile de s’y faufiler.

Mais Ibi connaît parfaitement son rôle. Sa moto est équipée d’un klaxon surpuissant. Derrière moi, Big Ben et Lucy, sur une même moto, ferment la marche.

Nous faisons un premier arrêt afin d’essayer de trouver une carte SIM.

Puis direction le domicile d’Ibi.

Ibi

Ibi a environ 70 ans, même s’il en paraît 50.

Nous sommes en contact depuis deux ans.

L’année dernière, il est parti de Londres, où il avait acheté une moto, afin d’entreprendre un tour d’Europe avant de redescendre vers le Nigeria : 99 jours de voyage.

Sa double nationalité nigériane et britannique l’a beaucoup aidé pour le passage des frontières.

Et pas seulement en Europe.

Même dans des pays comme la Mauritanie, mieux vaut avoir un passeport britannique que nigérian.

C’est assez révélateur. Ce pays fait peur et ses ressortissants ne sont pas toujours les bienvenus.

Fin de journée

Un petit groupe d’autres motards nous rejoint.

Nous terminons la soirée chez Ibi.

Son intérieur est cosy et l’on sent une véritable fibre artistique.

En fin de soirée, je suis escorté vers une guesthouse à environ 12 € la chambre, avec climatisation.

Le lieu est sécurisé.

La moto est garée juste sous ma fenêtre.

20 mai 2026 – Abeokuta

Ibi vient me chercher à l’hôtel vers 10 heures. Nous commençons par nous rendre dans ce qui semble être leur moto-club, où plusieurs motards m’attendent déjà. Le comité d’accueil est en place. Nous prenons ensemble un sandwich rapide et une boisson fraîche avant le départ.

Le programme du jour : me faire visiter les alentours. Nous commençons par le site d’Olumo.

Et là, au moment de repartir, Lady Pink recommence ses caprices ivoiriens : elle refuse purement et simplement de démarrer.

Nous essayons de la pousser dans une descente. En vain.

Vérification faite : l’essence n’arrive pas. Encore un problème de filtre à essence ? J’ai changé le filtre il y a un peu plus d’un an et je n’ai fait qu’environ 10 000 km depuis. Je pourrais sans doute m’en occuper moi-même, mais il fait une chaleur écrasante et je sens revenir un épisode d’hypotension. Je décide d’aller m’asseoir à l’ombre pendant qu’on appelle un mécano à la rescousse.

Il s’appelle Sunday.

Il a déjà réparé, un peu plus tôt ce matin, mon problème de phares qui fait systématiquement sauter le fusible. Cette fois, cela semble fonctionner, mais l’expérience m’a appris à rester prudent : c’est déjà la quatrième tentative de réparation. Tant que je ne roule pas de nuit, ce n’est toutefois pas dramatique.

En revanche, une moto qui refuse de démarrer au beau milieu d’une sortie, c’est nettement plus agaçant.

Sunday démonte la pompe à essence et trouve assez vite l’origine probable de la panne : il manque un joint spi à la sortie du filtre, ce qui provoque une fuite interne dans le réservoir. La moto fonctionne malgré tout la plupart du temps, mais cela rend les démarrages aléatoires, particulièrement à chaud.

Par acquis de conscience, je décide également de changer le filtre à essence. Il m’en reste encore deux d’avance.

En revanche, je n’ai pas de joint spi. Il est donc décidé de pousser la moto jusqu’à son garage. Nous partons donc, moi sur ma moto, et Sunday sur sa petite 125 qui pousse Lady Pink avec son pied.

Le départ se passe bien. L’ensemble des motards escorte le convoi, ouvre le passage, sécurise les obstacles et fluidifie le trafic. Une organisation quasi présidentielle.

Puis arrive le moment où il faut faire demi-tour sur une quatre-voies.

Et là, ça devient épique : la voie dans le nouveau sens monte franchement, et la pauvre 125 n’est pas assez puissante. Il faut qu’une seconde moto vienne aider.

C’est donc poussé par deux motos que j’arrive, tant bien que mal, en haut de la côte. Je n’ai malheureusement aucune image de cet épisode assez burlesque : je n’avais pas pris la GoPro… définitivement pas un bon influenceur !

Pendant que Sunday officie sur la moto, notre bande de joyeux lurons part déjeuner dans un « Mama Put », ces petits restaurants de bord de route typiquement nigérians.

L’un des plats attire particulièrement mon attention. Je n’arrive pas immédiatement à l’identifier : une sorte de cylindre un peu gélatineux avec un os au centre.

Mystère rapidement levé : c’est une queue de vache.

Ce n’est pas mauvais du tout. La sauce est relativement épicée, évidemment — mais ça, c’est presque une constante ici. La texture est légèrement élastique, ce qui peut surprendre, mais bien chaude, cela se mange très bien.

Une fois la moto réparée, nous repartons… pour l’anniversaire d’un prince (tiens, ça me rappelle des souvenirs…).

L’anniversaire

Lorsque nous arrivons, la fête est visiblement entamée depuis longtemps. Il ne reste plus que le squelette et la tête d’un bouc à la broche. L’ambiance est festive. La musique est franchement occidentale et reprend plusieurs grands succès du rock des années 60 et 70. Je suis le seul Blanc, mais j’ai l’habitude : c’est loin d’être la première fois.

En repartant, la femme du prince nous offre à chacun un petit sac dans lequel je trouve :

  • une serviette monogrammée ;
  • deux pommes « Pink Lady »… cela ne s’invente pas ;
  • une petite bouteille d’eau ;
  • des friandises pour l’apéritif.

21 mai 2026 – Soirée chez un ami d’Ibi

Soirée avec des amis d’Ibi. Les convives passent la soirée à parler de la création d’un nouveau business.

Parmi les convives :

  • notre hôte, le pasteur T., et sa famille (sa femme, deux fils et une fille) ;
  • un financier ;
  • un prêtre et businessman. Au Nigeria, cela ne semble pas incompatible. Il est arrivé dans un SUV Jetour toutes options ;
  • Ibi, bien entendu ;
  • et un collaborateur de notre hôte.

Même si, par moments, je décroche un peu, c’est extrêmement intéressant de les écouter. Ils parlent études de marché, stratégie marketing, mise en œuvre, etc.

La maison de notre hôte, passionné de golf, est littéralement monumentale.

Une Afrique que la plupart des voyageurs n’ont guère l’occasion de découvrir. Alors merci, Ibi.

22 mai 2026 – Départ d’Abeokuta

J’avais prévu de partir ce matin, mais les pluies étaient littéralement diluviennes. Cela me permet de faire connaissance, le soir, avec deux voyageurs, doubles nationaux nigérians et britanniques, qui arrivent directement de Grande-Bretagne. L’un est à moto et l’autre en quad. Ce dernier a prévu d’aller jusqu’en Afrique du Sud.

Demain, c’est certain, je repars. Un peu à regret. J’aurais aimé prendre davantage le temps de connaître Ibi. Un personnage rare. J’espère que nos routes se recroiseront.

23 au 26 mai 2026 – Entre Abeokuta et Lokoja – Nigeria

« Il ne faut pas sortir des routes ! »

C’est la première réponse d’Ibi, mon ami motard nigérian qui m’a accueilli à Abeokuta, lorsque je lui envoie une vidéo off-road que j’ai prise lors de mon trajet entre Akuré et Lokoja.

Je suis donc parti d’Abeokuta le 23 mai. La journée s’annonçait tranquille. Je me suis simplement arrêté afin de remplir mes deux réservoirs (le principal, situé sous la selle, de 9,5 litres, et le secondaire, devant moi, de 16 litres). Mais j’ai omis de surveiller la pompiste – au demeurant charmante – et la conséquence a été immédiate : une large quantité d’essence s’est déversée à l’extérieur. Mon pantalon est littéralement trempé d’essence. Et devinez quoi ? Eh bien, de l’essence sur les burnes, ça brûle ! Demi-tour obligatoire afin de prendre une douche et de changer de sous-vêtements !

De fait, le véritable départ n’a eu lieu qu’aux alentours de 11 heures.

La route est relativement bonne et je roule tranquillement. À un moment donné, je ne peux éviter un nid-de-poule particulièrement traître et cassant. Sur le moment, je fais « aïe » intérieurement, mais je ne pense pas qu’il y ait de dégâts : j’ai déjà connu bien pire sans conséquences trop lourdes. Hélas, arrivé à mon étape non loin d’Akuré, je ne peux que constater les dégâts. La jante avant est déformée. En cause : une pression trop faible.

En général, je roule avec une pression intermédiaire de 1,8 qui convient aussi bien à la latérite qu’au goudron. Lorsque j’ai des étapes essentiellement en off-road, je descends un peu (1,2 à 1,6 selon le type de terrain). À l’inverse, sur de longues portions routières, j’augmente à 2,2 ou 2,3. Visiblement, j’ai oublié de le faire cette fois. Je le paie cash. Voyager en Afrique ne laisse guère de place à l’erreur ou à la négligence.

L’endroit où je suis est assez étrange. Vraiment gigantesque et presque vide. Les occupants majoritaires sont des paons. En dehors de leurs cris rauques, le lieu est paisible pour un coût modique (20 000 nairas, soit environ 13 euros la chambre avec climatisation). Je décide d’y rester jusqu’au lundi afin d’essayer de faire redresser cette jante.

Le lundi, c’est chose faite grâce à deux jeunes motards dont j’ai obtenu le contact par l’intermédiaire d’Ibi. Beaucoup parmi mes amis me disent que l’opération a sans doute fragilisé la jante : l’aluminium chauffé et martelé a potentiellement été rendu cassant. Mais, en attendant, je peux rouler et je verrai le moment venu pour changer le cerclage.

Le lendemain, mardi, je reprends la route. Étape prévue : un peu plus de 250 km jusqu’à Lokoja.

Mes amis motards nigérians m’ont prévenu : éviter de camper au Nigeria. Et rester sur les routes. Je ne cherche pas à discuter et j’ai décidé de suivre leurs conseils scrupuleusement. J’ai trop peu d’informations sur ce pays, hormis qu’il est l’un des plus peuplés d’Afrique.

Je me contente donc de suivre Google Maps, qui me propose deux itinéraires. Sans trop y prendre garde, je prends le premier proposé.

Je commence à comprendre que ce n’est sans doute pas l’axe principal lorsque je prends conscience que la circulation se réduit à quelques petites motos de 125 cm³.

Plus aucune voiture, et encore moins de camions.

J’hésite et je vérifie rapidement sur le GPS. Pas d’erreur : je suis sur le chemin préconisé par Google Maps. Du reste, la route est plutôt en très bon état, même si elle est étroite, et les paysages champêtres m’incitent à poursuivre.

Un détail, cependant, me fait comprendre que je suis vraiment en dehors des sentiers battus.

Alors que je roule tranquillement, j’aperçois au loin un homme marchant le long de la route, une machette à la main. Alors que je m’approche et qu’il m’aperçoit, il se met à courir afin de se réfugier au milieu des arbres. Lorsque je passe à son niveau, je l’aperçois en train de m’observer, visiblement terrorisé.

Je continue néanmoins.

Puis, d’un coup, le goudron laisse place à la latérite. La piste semble bonne, je continue. Bientôt, un petit pont traverse une rivière. Je m’y arrête. L’endroit est joli. Mais, après le pont, je peux voir que l’état de la piste se dégrade. Elle devient plus étroite, visiblement moins fréquentée.

J’hésite lorsque je vois deux hommes arriver sur une petite moto. Ils s’arrêtent à mon niveau et me regardent d’un air ahuri. Visiblement, le touriste motard blanc ne court pas les rues dans le coin.

Je les salue en souriant. Toujours important d’engager la conversation avec un sourire.

Ils se détendent et me demandent où je vais.

— Okene.

Ils me confirment que cette piste y mène. Je comprends aussi qu’il semble y avoir deux chemins : l’un plus facile que l’autre.

Un autre homme à moto arrive. Je décide de le suivre. Mais il me sème assez rapidement. Il connaît les lieux, moi pas. Du reste, je suis chargé et ma pression de pneu est désormais à 2,5, beaucoup trop pour ce type de chemin un peu sablonneux. Cela rend la moto instable.

Très vite, j’arrive à une intersection. Le GPS m’indique d’aller tout droit. Mais la piste me semble de plus en plus étroite. Sur la gauche, en revanche, elle paraît en meilleur état et plus fréquentée. En revanche, elle n’apparaît ni sur Google Maps ni sur Maps.me.

Dilemme.

J’hésite. Par chance, j’ai du réseau. Je passe donc Google Maps en vue satellite afin d’essayer de déterminer le meilleur itinéraire.

La voie en face est plus directe, mais son tracé est ténu. En revanche, la piste fantôme apparaît plus clairement. Elle semble mener à une route de latérite. Elle implique un détour, mais me paraît, à vue de nez, plus praticable.

Sur ces entrefaites, une autre moto arrive. Je demande à son conducteur. Toujours cet air un peu ébahi en me voyant. Voire méfiant. Mais avec le sourire, cela passe, et il me confirme mon intuition : tout droit, plus direct ; à gauche, plus facile.

Je décide donc de prendre à gauche. Mes pneus surgonflés rendent toujours la moto un peu instable, mais c’est gérable. Je décide de continuer dans cette configuration.

À un moment donné, la piste est barrée par une grosse mare d’eau. Présumant une faible profondeur, je m’y engage sans précaution… et plonge littéralement. Heureusement, l’élan me permet de passer, mais il s’en est fallu de peu pour que je tombe.

Je continue. L’endroit est vraiment joli.

Un peu plus loin, la piste est de nouveau barrée par des trous d’eau. Mais cette fois, un troupeau de bœufs passe devant moi. J’observe à quel niveau leur arrive l’eau. Cela ne semble pas profond. J’attends donc que toutes les bêtes soient passées, puis je m’y engage. Cette fois, la mare est assez large… et les bœufs savaient précisément où se trouvait le trou d’eau à éviter. Moi pas.

Mais, cette fois-là encore, je passe sans tomber.

Les petits bergers regardent l’opération de loin. Ils ne disent rien. Aucun sourire. Ils se contentent de regarder avec, je le sens, un peu de défiance dans les yeux. Décidément, l’atmosphère est différente de celle rencontrée dans mes premiers kilomètres au Nigeria.

Très vite, je me retrouve sur un axe un peu plus important. Une « rou-piste » : mélange de goudron et de latérite.

À la sortie d’un village, un groupe armé – la police, j’imagine, ou une milice – m’arrête. Le premier homme est peu amène. J’ai beau sourire, il conserve un air fermé, légèrement agressif et clairement suspicieux.

Il veut fouiller mes bagages. Je proteste, toujours avec le sourire et sur le ton de la plaisanterie. Mais l’homme est buté. Fort heureusement, un autre homme, l’un de ses collègues, voire son supérieur, m’adresse la parole. Celui-là est plus détendu. Je me tourne donc franchement vers lui et ignore le premier, qui n’insiste pas. Trois ou quatre minutes plus tard, j’ai l’autorisation de continuer.

Le trajet jusqu’à Okene, une ville assez importante, se déroule sans problème. L’atmosphère change encore une fois radicalement : l’agitation de la ville est intense. En quelques kilomètres, je suis passé d’un Nigeria traditionnel à un Nigeria bien plus moderne.

Une cérémonie, ou ce qui me semble en être une, attire mon attention. Des hommes – pas loin d’une centaine – costumés dans ce qui me semble être des déguisements de hiboux (on ne voit que leurs yeux) déambulent dans la rue. Ils sont porteurs de longs bâtons souples de plus de trois mètres et arrêtent les voitures en mimant le fait de taper dessus.

Étrange.

La carte mémoire de ma caméra étant pleine, je n’ai hélas aucune image de cette curiosité.

Une fois passé Okene, le reste du trajet est sans problème. Presque monotone, et j’arrive à Lokoja peu avant la nuit.

Le soir, j’envoie un petit extrait vidéo de mon passage en off-road à Ibi. La réponse est immédiate : il ne faut pas sortir des routes. C’est dangereux et la frontière entre le sourire et le kidnapping est ténue.

“The situation can quickly change from smiles to an abduction.”



27 mai 2026 –  Lokoja / Abuja

La nuit a été un peu agitée : des gens ont fait la fête dans les couloirs de l’hôtel jusqu’à 1 h du matin. En partant, je ne peux m’empêcher de le faire remarquer à l’accueil.

Le dernier tronçon jusqu’à Abuja, la capitale du Nigéria, est assez court : 200 km de bonne route, voire d’autoroute. Cela ne veut pas dire qu’il faille relâcher son attention. Un peu après Lokoja, la route passe au-dessus du fleuve Niger. Un large pont à quatre voies. Je me laisse distraire un instant par le paysage. Un instant seulement : au milieu du pont, j’aperçois soudain une ouverture d’égout béante. Aucune signalisation, rien. J’abandonne donc ma contemplation avant de vérifier que les autres plaques d’égout sont bien en place.

Un peu plus loin, sur une quatre voies, j’aperçois un homme totalement nu. Il déambule de manière erratique. Ce n’est ni le premier ni le dernier pauvre hère que j’aperçois ainsi dans le monde. Je me souviens de cette famille, à Lahore, au Pakistan, qui vivait sur un trottoir avec pour seule protection une bâche tendue au-dessus d’elle et quelques autres bâches au sol. C’était leur maison. Je suis passé plusieurs fois à leurs côtés. Mais que faire ? Les enfants, cependant, étaient comme tous les enfants du monde : ils jouaient relativement insouciants, du moins en apparence.

L’arrivée à Abuja est impressionnante : une immense cité aux bâtiments modernes, pourvue de larges autoroutes, jusqu’à huit voies parfois. La circulation y est plutôt fluide, du moins lorsque j’y suis passé.

J’ai rendez-vous au Biker Club d’Abuja, situé dans l’un des beaux quartiers de la ville.

Le club de motards d’Abuja dispose de ses propres installations : deux bâtiments complets d’un étage chacun. Ou, pour être plus exact, un seul bâtiment pourvu de deux ailes.

Un côté fait office de bar, restaurant et boîte de nuit. On peut y boire un verre et s’y détendre tranquillement. L’autre côté fait hôtel et permet d’accueillir les motards de passage. Je suis accueilli par Gomez — le président du club (SCAN : Superbike Club Association of Nigéria) — et Queen, une bikeuse assez connue ici. C’est avec elle que Baptiste avait fait un bout de route il y a deux ans.

Elle vit à Dakar désormais et parle couramment le français et le portugais.
Gomez met une chambre – très spacieuse – à ma disposition de manière gracieuse. L’hospitalité des motards Nigérians est sans faille.

Je décide de rester deux ou trois jours afin de me reposer et d’essayer de faire arranger un peu ma roue. Il me faut également définir la suite de mon itinéraire. J’envisage d’emprunter la même voie que celle prise par Baptiste il y a deux ans. Elle permet d’arriver vers Garoua, un peu au nord du Cameroun. Cela me permettrait de parcourir le Cameroun du nord au sud et de voir les différences avec mon voyage d’il y a vingt-trois ans. À l’époque, nous étions descendus en juillet, en pleine saison des pluies, par des routes boueuses. Je sais qu’aujourd’hui tout a été goudronné. Cela change tout.

Je passe donc la journée du jeudi à réfléchir à tout cela. Grâce à Queen, j’ai obtenu le contact d’un officier camerounais stationné à Garoua. C’est une aide précieuse. Il m’assure que c’est possible et m’indique la meilleure route à suivre. Les jonctions entre les deux pays, à ce niveau, ne sont pas goudronnées et, puisque la saison des pluies a commencé, il vaut mieux éviter de s’embarquer dans des zones trop exposées. Il y a également le risque sécuritaire. Boko Haram n’est pas loin. Mais de ce côté-là, je suis confiant. Le réseau des motards est puissant et l’un de leurs membres est roi dans cette zone.

Las ! En faisant mon rétroplanning, je m’aperçois qu’une fois encore j’ai trop traîné. Mon visa pour la RDC va expirer si je tarde davantage. Et ce chemin pose un énorme problème : c’est un détour de 700 km. Je décide donc de couper au plus court et de descendre vers le sud depuis Abuja.

Il reste donc trois options :

  1. Gembu, mais la saison des pluies est bien avancée et cet itinéraire est rendu compliqué par la boue.
  2. Ekok, mais des voyageurs se sont fait refouler en raison de l’absence de sticker dans leur passeport (visa définitif). Je n’ai que l’e-visa imprimé. Théoriquement, je pourrais faire apposer le fameux sticker au consulat du Cameroun à Abuja… mais la machine est hors service.
  3. Calabar et un passage par bateau.

Je contacte l’officier camerounais au sujet d’Ekok. Il m’assure qu’il pourra me faire passer malgré cette absence. Je décide de lui faire confiance. Selon Queen, il est bien placé.

Après Ekok, je serai sans doute placé sous escorte : la région est secouée par plusieurs mouvements indépendantistes.


28 / 31 mai 2026 – Abuja

Je décide de passer quelques jours à Abuja. 
Le samedi c’est réparation de mon pantalon moto pour la nieme fois dans une sorte de complexe ou sont située plein de boutiques en tous genre et en particulier d’atelier de couture. Mon ange gardien, Gomez,  est d’ailleurs patron d’un de ces ateliers. Cela aide ! Ensuite, il m’amène à un evenement drift. Lè encore, il fait fait partie de l’organisation. L’ambiance est un peu folle surtout le soir ou cela se termine en burn et feu d’artifice.

Le dimanche, je me leve un peu la tete dans le cul. Outre la journee drift d’hier,  cela a été boite de nuit et musique à fond juste à coté cette nuit. 

Je decide, encore une fois de reporter mon départ au lendemain et d’en profiter pour faire un peu de maintenance ; chaine, huile etc

Et là, c’est la douche froide : en faisant le niveau d’huile, je note de la mayonnaise blanche au niveau du bouchon. Je suis étonné. Certes elle consomme un peu de liquide de refroidissement, mais cela reste tres peu : environ 10 Cl pour 1000 km au maximum. Et surtout : 

  1. Le moteur tourne comme une horloge
  2. Je ne détecte aucune fumée blanche au niveau de l’échappement

Je me souviens alors de ces 2 gros trous d’eau – surtout le premier – que je me suis pris il y a qq jours. Possible qu’elle ait un peu bu la tasse. Dans le doute, je commence par contrôler le filtre à air. Le préfiltre est sec et sale, mais est ce de la poussière ou un restant d’eau boueuse ? L’eau serait passée mais pas les parties boueuse. Je vérifie la boite à air et j’y détecte des traces résiduelles d’eau. Rien d’énorme mais cela n’a clairement rien à faire là. De plus, je constage égalment quelques traces sur le sabot au niveau du reniflard de la boite à air. 

Je décide de vidanger la moto. (La précédente a tout juste 3000 km.  J’ai des filtres en réserve mais pas l’huile. Je téléphone à Gomez et lui demande si qq peut venir  le lendemain matin. Moins de une heure après deux jeunes mécano arrivent à moto. On fait la vidange à la lueur d’une lampe électrique. Lors de la vidange, l’huile me parait normale ce qui me rassure. Mais dans le doute, changer l’huile etait la bonne solution. Ceci dit, une autre hypothèse me trottte dans la tête et celle-là ne me plait guere. Il est possible que la pompe à eaux ait commencer à vieillir. J’en ai bien une avec moi mais par expérience, je sais que son changement est extremement complexe sur cette moto du fait d’une vis mal placée. 

27 mai 2026 – Lokoja / Abuja

La nuit a été un peu agitée : des gens ont fait la fête dans les couloirs de l’hôtel jusqu’à 1 heure du matin. En partant, je ne peux m’empêcher de le faire remarquer à l’accueil.

Le dernier tronçon jusqu’à Abuja, la capitale du Nigeria, est assez court : 200 km de bonne route, voire d’autoroute. Cela ne veut pas dire qu’il faille relâcher son attention. Un peu après Lokoja, la route passe au-dessus du fleuve Niger. Un large pont à quatre voies. Je me laisse distraire un instant par le paysage. Un instant seulement : au milieu du pont, j’aperçois soudain une ouverture d’égout béante. Aucune signalisation, rien. J’abandonne donc ma contemplation pour vérifier que les autres plaques d’égout sont bien en place.

Un peu plus loin, sur une quatre-voies, j’aperçois un homme totalement nu. Il déambule de manière erratique. Ce n’est ni le premier ni le dernier pauvre hère que je croise ainsi dans le monde. Je me souviens de cette famille, à Lahore, au Pakistan, qui vivait sur un trottoir avec pour seule protection une bâche tendue au-dessus d’elle et quelques autres bâches au sol. C’était leur maison. Je suis passé plusieurs fois à leurs côtés. Mais que faire ? Les enfants, cependant, étaient comme tous les enfants du monde : ils jouaient relativement insouciants, du moins en apparence.

L’arrivée à Abuja est impressionnante : une immense cité aux bâtiments modernes, pourvue de larges autoroutes, jusqu’à huit voies parfois. La circulation y est plutôt fluide, du moins lorsque j’y suis passé.

J’ai rendez-vous au Biker Club d’Abuja, situé dans l’un des beaux quartiers de la ville.

Le club de motards d’Abuja dispose de ses propres installations : deux bâtiments complets d’un étage chacun. Ou, pour être plus exact, un seul bâtiment doté de deux ailes.

Un côté fait office de bar, restaurant et boîte de nuit. On peut y boire un verre et s’y détendre tranquillement. L’autre côté fait hôtel et permet d’accueillir les motards de passage.

Je suis accueilli par Gomez — le président du club (SCAN : Superbike Club Association of Nigeria) — et Queen, une bikeuse assez connue ici. C’est avec elle que Baptiste avait fait un bout de route il y a deux ans.

Elle vit désormais à Dakar et parle couramment le français et le portugais.

Gomez met une chambre — très spacieuse — à ma disposition de manière gracieuse. L’hospitalité des motards nigérians est sans faille.

Je décide de rester deux ou trois jours afin de me reposer et d’essayer de faire arranger un peu ma roue. Il me faut également définir la suite de mon itinéraire. J’envisage d’emprunter la même voie que celle prise par Baptiste il y a deux ans. Elle permet d’arriver vers Garoua, un peu au nord du Cameroun. Cela me permettrait de parcourir le Cameroun du nord au sud et de voir les différences avec mon voyage d’il y a vingt-trois ans. À l’époque, nous étions descendus en juillet, en pleine saison des pluies, par des routes boueuses. Je sais qu’aujourd’hui tout a été goudronné. Cela change tout.

Je passe donc la journée du jeudi à réfléchir à tout cela. Grâce à Queen, j’ai obtenu le contact d’un officier camerounais stationné à Garoua. C’est une aide précieuse. Il m’assure que c’est possible et m’indique la meilleure route à suivre. Les jonctions entre les deux pays, à ce niveau, ne sont pas goudronnées et, puisque la saison des pluies a commencé, il vaut mieux éviter de s’embarquer dans des zones trop exposées. Il y a également le risque sécuritaire. Boko Haram n’est pas loin. Mais de ce côté-là, je suis confiant. Le réseau des motards est puissant et l’un de leurs membres est roi dans cette zone.

Las ! En faisant mon rétroplanning, je m’aperçois qu’une fois encore j’ai trop traîné. Mon visa pour la RDC va expirer si je tarde davantage. Et ce chemin pose un énorme problème : c’est un détour de 700 km. Je décide donc de couper au plus court et de descendre vers le sud depuis Abuja.

Il reste donc trois options :

  1. Gembu, mais la saison des pluies est bien avancée et cet itinéraire est rendu compliqué par la boue.
  2. Ekok, mais des voyageurs se sont fait refouler en raison de l’absence de sticker dans leur passeport (visa définitif). Je n’ai que l’e-visa imprimé. Théoriquement, je pourrais faire apposer le fameux sticker au consulat du Cameroun à Abuja… mais la machine est hors service.
  3. Calabar, avec un passage par bateau.

Je contacte l’officier camerounais au sujet d’Ekok. Il m’assure qu’il pourra me faire passer malgré cette absence. Je décide de lui faire confiance. Selon Queen, il est bien placé.

Après Ekok, je serai sans doute placé sous escorte : la région est secouée par plusieurs mouvements indépendantistes.

28 au 31 mai 2026 – Abuja

Je décide de passer quelques jours à Abuja.

Le samedi, c’est réparation de mon pantalon moto pour la énième fois dans une sorte de complexe où sont situées quantité de boutiques en tout genre et, en particulier, des ateliers de couture. Mon ange gardien, Gomez, est d’ailleurs patron de l’un de ces ateliers. Cela aide !

Ensuite, il m’emmène à un événement de drift. Là encore, il fait partie de l’organisation. L’ambiance est un peu folle, surtout le soir où cela se termine en burns et feu d’artifice.

Le dimanche, je me lève un peu la tête dans le cul. Outre la journée drift de la veille, il y a eu boîte de nuit et musique à fond juste à côté toute la nuit.

Je décide, une fois encore, de reporter mon départ au lendemain et d’en profiter pour faire un peu de maintenance : chaîne, huile, etc.

Et là, c’est la douche froide : en faisant le niveau d’huile, je remarque une mayonnaise blanche au niveau du bouchon. Je suis étonné. Certes, elle consomme un peu de liquide de refroidissement, mais cela reste très limité : environ 10 cl pour 1 000 km au maximum. Et surtout :

  1. Le moteur tourne comme une horloge.
  2. Je ne détecte aucune fumée blanche au niveau de l’échappement.

Je me souviens alors de ces deux gros trous d’eau — surtout le premier — que je me suis pris il y a quelques jours. Il est possible qu’elle ait un peu bu la tasse.

Dans le doute, je commence par contrôler le filtre à air. Le préfiltre est sec et sale, mais est-ce de la poussière ou les restes d’une eau boueuse ? L’eau serait passée, mais pas les particules de boue.

Je vérifie la boîte à air et j’y détecte effectivement des traces résiduelles d’eau. Rien d’énorme, mais cela n’a clairement rien à faire là. De plus, je constate également quelques traces sur le sabot, au niveau du reniflard de la boîte à air.

Je décide donc de vidanger la moto. La précédente vidange date d’à peine 3 000 km. J’ai des filtres en réserve, mais pas d’huile. Je téléphone à Gomez et lui demande si quelqu’un peut venir le lendemain matin. Moins d’une heure plus tard, deux jeunes mécanos arrivent à moto. Nous faisons la vidange à la lueur d’une lampe électrique.

Lors de la vidange, l’huile me paraît normale, ce qui me rassure. Mais, dans le doute, changer l’huile était la bonne décision.

Ceci dit, une autre hypothèse me trotte dans la tête, et celle-là ne me plaît guère. Il est possible que la pompe à eau ait commencé à vieillir. J’en ai bien une avec moi mais, par expérience, je sais que son remplacement est extrêmement complexe sur cette moto à cause d’une vis particulièrement mal placée.

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