Cet article est également disponible en :
Avertissement : lors de la publication initiale du post précédent (mai 2026), les derniers jours de mai ont été omis. Je viens mettre à jour la publication. Il convient d’aller les lire pour comprendre la suite.
2 juin 2026 – Akwanga – Nigeria
Gros doute aujourd’hui sur l’origine de la mayonnaise réapparue au niveau de la jauge d’huile.
Ce matin, j’hésite vraiment entre deux interprétations :
- La première, celle à laquelle j’avais pensé initialement : de l’eau serait entrée lors du passage du gué ou, plus exactement, dans ce trou d’eau dans lequel j’avais plongé avec la moto et, malgré la vidange effectuée à Abuja, une quantité résiduelle d’eau serait restée dans le moteur.
- La seconde : une défaillance de la pompe à eau, l’une des faiblesses de cette moto du fait des ailettes en plastique qui finissent par s’user.
Gomez, le président de la SCAN, fait alors venir à l’hôtel deux membres du club (Superbike Clubs Association of Nigeria) : Abdou, le professeur, et Peter (qu’il prononce « Pita »), le mécano.
Je leur explique la situation.
L’idée initiale est de faire réparer la moto à Makurdi, la prochaine grande ville. Ma question est surtout de savoir comment m’y rendre. Elle se trouve à environ 150 km. Si le problème vient réellement de la pompe à eau, j’ai peur qu’il ne s’aggrave en cours de route et finisse par endommager le moteur.
La solution la plus prudente serait alors de transporter la moto dans un pick-up. Reste à déterminer le coût de l’opération.
Cependant, au fil de la discussion, Peter m’assure qu’il est capable d’effectuer la réparation lui-même. Le problème, sur cette moto, est que le remplacement de la pompe à eau nécessite un démontage presque complet de la machine à cause d’une vis placée derrière le cadre.
Après avoir discuté des différentes options, je décide de lui faire confiance.
Nous nous rendons donc à son échoppe : une sorte de petit container devant lequel il a construit un auvent en bois. Le tout installé sur la terre battue.
Pendant que Peter s’affaire sur la moto, je discute avec Abdou, le professeur.
Quelques instants plus tard, Peter me rejoint. Il a vérifié l’huile et, selon lui, il n’y a aucun problème.
Malgré tout, je reste sceptique. Certes, la mayonnaise constatée la veille pourrait provenir d’un simple résidu d’eau resté dans le moteur malgré la vidange. D’un autre côté, le remplacement de la pompe à eau représente un chantier conséquent. Mieux vaut ne l’entreprendre que si le diagnostic est certain.
Nous décidons donc d’effectuer un test routier supplémentaire d’une quarantaine de kilomètres.
Il faut d’abord remettre la moto en état de rouler : remplir le circuit de refroidissement avec du liquide neuf et refaire le niveau d’huile, puisque Peter en a laissé s’écouler une petite quantité afin de vérifier s’il y avait de l’eau au fond du moteur.
Une fois cela fait, Abdou et moi partons pour une petite balade.
Débarrassée de son réservoir supplémentaire et de ses bagages, la moto est un vrai jouet.
Bizarrement, j’ai l’impression que le moteur peine un peu.
Lorsque nous revenons, premier constat : aucune trace de mayonnaise.
Second constat : j’ai mis trop d’huile en faisant l’appoint afin de remplacer celle que Peter avait laissée s’écouler pour ses vérifications.
Cela explique probablement les sensations étranges que j’avais ressenties au niveau du moteur.
Je retire donc le surplus.
À ce stade, il est décidé de ne pas intervenir davantage.
Pendant ce temps, quelqu’un remonte la moto et règle, avec l’aide d’un ami électricien, deux autres petits problèmes que je traîne depuis quelque temps : le phare (c’est la quatrième fois que j’essaie de résoudre cette panne) et le témoin de réserve d’essence, qui ne fonctionne plus depuis quelques jours.
Au final, la journée a été plutôt agréable. Je suis presque rassuré concernant l’éventuelle défaillance de la pompe à eau.
Il me reste toutefois un doute : quarante kilomètres ont-ils suffi pour être vraiment fixé ? D’autant plus que le trop-plein d’huile a peut-être empêché la réapparition de cette fameuse mayonnaise.
J’en aurai sans doute le cœur net demain.
Il me reste maintenant un autre problème à résoudre : l’argent.
J’arrive au bout de mes réserves de liquide. Les distributeurs refusent ma carte et, de toute façon, les retraits sont limités à 20 000 nairas, soit environ 13 euros.
Demain, j’essaierai soit de passer à la banque pour changer des dollars, soit de me faire envoyer de l’argent par Western Union.
PS :
- Mes amis sont morts de rire en constatant tout ce que j’ai sur la moto : pièces détachées, outils, etc. !
- La notion de « pas épicé » est très relative !
03 juin 2026 – Akwanga – Nigeria
Retour à Akwanga pour une opération mécanique que je redoutais un peu : le remplacement de la pompe à eau.
Sur cette moto, BMW a eu une idée brillante : placer une vis à un endroit si inaccessible qu’il faut démonter quasiment la moitié de la machine pour l’atteindre. Bras oscillant compris.
Vu ce que la moto a traversé ces dernières années, j’avais quelques inquiétudes quant à l’état des axes et à la possibilité de tout démonter sans rien casser. À un moment, en voyant Peter lutter sur le bras oscillant, j’ai commencé à transpirer un peu.
Heureusement, il est très bon. Tout est sorti sans casse.
Je lui fournis la pompe à eau que je transportais depuis des mois « au cas où ». Comme souvent en voyage, le fameux « au cas où » finit par servir (enfin certains plus que d’autres… Cela fait des années que j’ai toujours un régulateur de tension dans mes bagages… et cela n’a jamais servi à ce jour…).
Après plusieurs heures de démontage et de remontage, la nuit tombe. La moto passe la nuit dans son petit atelier en tôle et Peter reprend le travail dès le lendemain matin.
Entre-temps, des amis connaissant bien ce moteur me signalent un détail important : un petit trou de drainage (weep hole) situé entre les deux joints de la pompe doit rester parfaitement dégagé.
Je transmets l’information à Peter, qui accepte de tout redémonter pour vérifier.
Et là, constat : l’un des joints recouvre partiellement ce trou.
Pendant que je vérifie les spécifications et essaie d’obtenir davantage d’informations, Peter disparaît.
Gros moment de solitude.
Je commence à imaginer toutes sortes de modifications.
C’est effectivement ce qu’il a fait : il a réduit légèrement l’épaisseur du joint sans toucher à la partie assurant l’étanchéité.
J’avoue que cette modification ne me plaît qu’à moitié, mais des amis — plus férus que moi en mécanique — me disent que cela devrait le faire tant que la lèvre n’a pas été touchée.
Cela me rassure en partie, mais je commande tout de même un nouveau jeu de joints que la maman de Laurie amènera en Namibie d’ici quelques jours. Au moins, je pourrai les remplacer en cas de problème.
Pour l’heure, une fois remonté, le trou est parfaitement positionné.
Abdou et moi partons pour un premier test de 40 km.
L’essai est concluant.
Je décide de refaire un test plus long (100 km) le lendemain, et à une allure plus soutenue.
RAS !
Pour la première fois depuis un moment, je commence à respirer.
Je pars ensuite faire laver la moto afin d’éliminer les traces d’huile et de pouvoir repérer facilement une éventuelle nouvelle fuite.
Le tarif officiel est d’environ 0,60 €.
Le jeune qui s’occupe du lavage tente sa chance avec un prix trois fois supérieur. Nous trouvons finalement un compromis qui nous satisfait tous les deux.
Pendant le lavage, je discute avec un autre client, un ingénieur civil retraité de 72 ans.
Honnêtement, je lui aurais donné dix ou quinze ans de moins.
À un moment, un homme avec le bras en écharpe vient lui parler en haoussa.
Après son départ, mon interlocuteur m’explique qu’il a été blessé par balle lors d’une attaque de coupeurs de route.
C’est aussi le Nigeria : des régions très calmes et accueillantes, des campagnes paisibles, puis parfois des histoires qui rappellent que certaines zones restent compliquées malgré une forte présence policière.
PS :
Coût de la réparation effectuée par Peter : 40 euros pour quasiment deux jours de travail.
J’ai ajouté un bon pourboire.
6 juin 2026 – Akwanga / Makurdi – Nigéria
Après les soucis mécaniques des jours précédents, je décide de jouer la prudence. L’objectif du jour est simple : une petite étape d’environ 160 km jusqu’à Makurdi afin de pouvoir contrôler à nouveau le niveau d’huile. La route traverse une campagne particulièrement verdoyante. Au fil des kilomètres se succèdent les champs, les plantations de teck, les tas de charbon de bois en bord de route, les manguiers et les pommiers-cajou. L’habitat est lui aussi très varié. On passe sans transition de maisons rectangulaires aux toits en tôle galvanisée à des cases africaines plus traditionnelles. Deux mondes qui cohabitent souvent dans le même village. L’atmosphère est paisible, presque trop paisible parfois. Un calme qui paraît un peu trompeur lorsque l’on sait que certaines régions du Nigeria restent confrontées à des problèmes de sécurité. Cette réalité se rappelle régulièrement au voyageur : les postes de contrôle s’enchaînent tout au long de la route. Police, brigades antidrogue, militaires… J’ai perdu le compte. À plusieurs reprises, je croise également des véhicules blindés surmontés de mitrailleuses. Pourtant, les contrôles se passent toujours dans une ambiance détendue. Comme souvent, la curiosité l’emporte rapidement sur les vérifications administratives. Questions sur le voyage, discussions, photos et quelques selfies plus tard, je peux reprendre la route. J’arrive à Makurdi en milieu d’après-midi. Premier réflexe : vérifier l’huile. Tout est parfait. Je peux enfin souffler un peu. Pour la nuit, je m’installe à l’Hôtel Rwanda. Le tarif annoncé est de 37 000 nairas. Après négociation, nous tombons d’accord sur 30 000 (soit 20 euros environ). C’est plus que mon budget habituel, mais parfois la motivation pour continuer à chercher un hôtel manque. Mais j’ai hâte de pouvoir recommencer à bivouaquer. Même si les hotels au Nigéria sont en général aux alentours de 10 euros, cela grève un peu mon budget habituel.
7 juin 2026 – Makurdi / Ikom (frontière camerounaise) – Nigeria
L’objectif du jour est de rejoindre la ville d’Ikom, à une trentaine de kilomètres de la frontière camerounaise.
Environ 260 km au programme, avec une partie annoncée en piste.
Les premiers kilomètres sont tranquilles. Quelques travaux, un peu de circulation, rien de bien méchant.
Puis j’arrive à Aliade, où deux options s’offrent à moi : à droite, un grand détour mais du goudron ; à gauche, une cinquantaine de kilomètres de piste.
Alors que j’hésite, plusieurs habitants viennent me demander où je vais.
— Oju.
Les gens m’indiquent de prendre à gauche :
— La route est neuve !
En ce moment, je privilégie plutôt le goudron. La saison des pluies a commencé et j’essaie aussi de gagner du temps afin de conserver une marge confortable avant l’expiration de mon visa RDC.
Convaincu, je prends donc la fameuse route « neuve ».
Effectivement, pendant une vingtaine de kilomètres, elle est impeccable. Un vrai billard.
Puis le goudron disparaît.
Bienvenue sur la latérite.
Au début, elle est large et roulante. Puis apparaissent les ravines, les ornières de camions et quelques passages plus chaotiques.
Heureusement, le terrain est relativement sec et les portions boueuses restent limitées.
La piste n’est pas particulièrement difficile, mais mes pneus surgonflés depuis mon problème de jante compliquent un peu les choses. La moto devient lourde et pataude.
Je profite donc d’une pause pour corriger les pressions.
Pendant que je m’affaire autour de la moto, plusieurs villageois s’arrêtent pour vérifier que tout va bien et me proposer leur aide.
L’ambiance est détendue.
Au fil des kilomètres, les mosquées laissent progressivement la place aux églises et les habitants semblent beaucoup moins méfiants que dans certaines régions traversées auparavant.
J’ignore s’il y a un lien de causalité. Il est vrai que les groupes terroristes du nord se revendiquent de l’islam, hélas. Toujours le même problème : une poignée de cons qui jette l’opprobre sur les autres.
Je descends la pression à 2 bars.
La conséquence est immédiate : je retrouve une moto agile et agréable à piloter.
Le seul problème, c’est que je pensais retrouver le goudron après une cinquantaine de kilomètres.
Manifestement, la route n’avait pas reçu l’information.
La piste continue, encore et encore, jusqu’à Yala (Lyahe).
J’y arrive finalement en fin de journée et trouve une petite chambre à 10 000 nairas, soit environ 5 ou 6 euros.
Simple, mais largement suffisante après une journée de poussière.
Le soir, je traverse la rue pour manger dans un petit restaurant de fortune.
Ce sont trois enfants qui font tourner l’établissement.
Le plus âgé doit avoir une dizaine d’années. La petite serveuse, Stella, en a probablement huit.
Tous sont extrêmement sérieux dans leur travail, comme de véritables professionnels.
Le repas me coûte 3 500 nairas avec un Coca (un peu plus de 2 euros).
Je laisse finalement 4 000 nairas de pourboire.
Un peu plus tard dans la soirée, on frappe à ma porte.
C’est la maman des enfants.
Elle est venue jusqu’à ma chambre simplement pour me remercier du pourboire laissé à ses enfants.
8 juin 2026 – Ikom / Ekok – Tentative n°1
Je quitte mon hôtel le matin avec environ 120 km à parcourir jusqu’à la frontière camerounaise.
Une formalité, pensais-je.
Sur la route, je croise plusieurs camions à bétail assez surréalistes. La bétaillère est remplie de bœufs jusqu’au dernier centimètre disponible.
Mais ce n’est visiblement pas suffisant.
Sur le toit, une galerie a été aménagée avec des rambardes où sont attachées d’autres vaches, couchées.
Et au milieu des vaches voyagent des humains.
Quand on parle d’optimisation des transports, certains jouent clairement dans une autre division.
La route côté nigérian est superbe : neuve, fluide et traversant de très beaux paysages.
À la frontière, les contrôles s’enchaînent sans difficulté.
Premier poste, deuxième poste, troisième poste…
Jusqu’au moment où un agent remarque que je possède bien mon e-visa camerounais, mais pas le fameux sticker collé dans le passeport.
Je lui explique qu’un contact camerounais m’avait assuré que cela ne poserait aucun problème.
Les Nigérians décident alors de vérifier avant de me laisser sortir officiellement du pays.
Logique : une fois le tampon de sortie posé, impossible de revenir en arrière.
Quelques minutes plus tard, me voilà à moto derrière un officier nigérian, direction le Cameroun.
Nous traversons un magnifique pont frontalier avant d’arriver au bureau de l’immigration camerounaise.
L’officier est sympathique.
Très sympathique même.
Puis il me dit exactement la même chose :
— Pas de sticker, pas d’entrée.
Je lui explique que l’imprimante du consulat camerounais à Abuja est en panne.
Il me répond qu’il faut alors aller à Calabar pour obtenir le précieux autocollant.
Soit 500 km aller-retour.
Pendant qu’il téléphone à sa hiérarchie, j’essaie de joindre mon contact.
Malheureusement, le refus catégorique tombe avant même qu’ils ne puissent échanger.
Lorsque finalement ils discutent ensemble, ils découvrent qu’ils sont de la même ethnie.
Entre militaires et membres de la même communauté, je commence sérieusement à croire que la situation va se débloquer.
Mais il est déjà trop tard.
Quand le chef a dit non, le chef a dit non.
Mon contact tente alors de faire intervenir un colonel.
Échec.
Retour à la case départ.
Je repasse donc le pont dans l’autre sens et retourne côté nigérian, où les agents frontaliers, très sympathiques, m’aident à trouver un endroit où installer ma tente.
Ce soir, je dors à quelques centaines de mètres seulement du Cameroun.
Demain, deux possibilités : soit un miracle administratif se produit ; soit direction Calabar à la recherche du fameux sticker.
Trois jours de retard potentiels à cause d’un simple autocollant.
Je suis dépité.
9 juin 2026 – Ekok – Échec et mat
J’ai passé la nuit dans ma tente, juste à côté du poste-frontière nigérian.
Une nuit particulièrement agitée à cause de la circulation : la frontière restant ouverte 24 heures sur 24, les passages incessants de camions ont rendu le sommeil quasiment impossible.
Au réveil, je suis épuisé, grognon et de très mauvaise humeur.
Il faut dire aussi que je n’ai rien mangé depuis près de vingt-quatre heures.
Sur le moment, j’envisage de faire demi-tour, de renoncer à traverser l’Afrique.
Après tout, je l’ai déjà fait et, depuis deux mois, les galères s’accumulent.
Le blocage imposé par les autorités camerounaises, avec l’obligation de me rendre jusqu’à Calabar pour obtenir le fameux sticker, représente un détour d’environ 500 kilomètres aller-retour, ce qui me paraît totalement abusif.
Plutôt que de prendre une décision à chaud, je décide de m’installer pour une journée dans un hôtel situé à Ikom.
L’établissement est un peu vétuste, mais dispose de chambres immenses, avec ventilation, le tout pour 9 euros la nuit.
Une bonne occasion de me poser et de réfléchir.
J’ai ensuite contacté plusieurs de mes relations afin de savoir s’il était possible d’obtenir le sticker sans me déplacer.
Malheureusement, la réponse est toujours la même : il faut se rendre à Calabar.
Plus les heures passent, plus l’idée de faire demi-tour me traverse l’esprit.
Je commence à sérieusement me demander si le jeu en vaut encore la chandelle.
Pourtant, après une nuit correcte, un repas et quelques heures de recul, les choses paraissent déjà un peu moins dramatiques.
Il me reste une solution.
Elle est pénible, absurde même, mais elle existe.
Demain matin, direction Calabar.
10 JUIN 2026 – MATIN – DEPART POUR CALABAR
Ce matin, c’est donc départ pour Calabar. Je décide de laisser une partie de mes affaires à l’hôtel, notamment le sac arrière, afin d’alléger la moto.
Pendant que je me prépare, un petit souimanga (colibri) vient me rendre visite,
Le personnel de l hôtel est vraiment adorable. Par contre mon aversion pour la bureaucratie stupide n’est pas prête de disparaitre.
Avant de partir, je commande un café, une omelette et du pain toasté. L’omelette et le pain toasté se transforment en une sorte de sandwich composé de quelques tranches de pain de mie légèrement grillées avec l’omelette à l’intérieur.
Comme l’établissement ne servait pas de café, j’ai prêté ma cafetière italienne et expliqué au personnel comment l’utiliser. Le café tardant, je suis allé voir en cuisine ce qui se passait…et j’ai explosé de rire : ils avaient plongé la cafetière … dans un bain-marie ….
10 JUIN 2026 – SOIR – CALABAR
Ça y est, j’ai enfin le sticker de visa du Cameroun. L’opération n’aura pris que cinq minutes… après 4 heures de route.
Ceci dit, le trajet était plutôt agréable, la route globalement en bon état serpentait au milieu d’une végétation luxuriante. Quelques passages bien défoncés malgré tout.
L’un d’eux m’a d’ailleurs valu un sérieux coup de raquette dans le dos alors que, pour une fois, je n’avais pas mis ma ceinture lombaire. J’espère que ça ira demain.
La moto allégée du sac polochon est un véritable jouet. Il faudrait que j’arrive à ne voyager qu’avec les sacoches latérales. Je ne pense pas que cela soit une question de poids (le sac ne contient rien de lourd), mais plutôt de centre de gravité.
Une fois le sticker obtenu, je m’installe dans un petit hôtel juste à côté du consulat, recommandé par Didier et Nelly. Pour environ 20 000 nairas, soit une quinzaine d’euros la nuit, j’ai droit à la climatisation et même à une piscine.
Sur la route, menant à Calabar, j’ai remarqué deux scènes notables (Pourtant, il en faut désormais beaucoup pour m’étonner.)
- La première : un homme en train d’affûter sa machette directement sur le goudron de la route.
- La seconde est encore plus insolite. Une petite moto transportait un cadavre. Une simple planche fixée en travers à l’arrière servait de support et le défunt y était allongé perpendiculairement. Après les pompes funèbres, voici donc la moto funèbre.
Bref maintenant c’est coca et piscine ! Bon pas piscine, elle a visiblement besoin d un traitement !
Planification de la suite
Je suis en train d’étudier mon trajet jusqu’en RDC. Il faut que j’y sois avant le 30 juin. A priori, c’est tout à fait faisable, mais : 1. Je n’ai plus le droit de traîner. 2. Je dois prendre l’itinéraire le plus rapide. 3. Il ne faut surtout pas qu’il y ait de contretemps. En gros, de Yaoundé à Brazzaville — même si, a priori, je ne vais sans doute pas y passer directement mais seulement à proximité — il y a environ 1 600 km de route goudronnée.
En étudiant mon itinéraire, je ne peux m’empêcher de la comparer à celui d’il y a 23 ans.
- En 2003 de Yaoundé à Brazzaville, cela avait été plus de 2300 km en passant par le Gabon, dont moins de 500 km de goudron. Tout le reste, c’était de la piste. Les seules routes goudronnées étaient alors :
- En quittant Yaoundé.
- Une cinquantaine de kilomètres avant Libreville.
- Entre Oyo (le village du président) et Brazzaville.
Réflexions du soir
Le Nigeria, c’est un pays où, dans une même journée, tu peux voir :
- Une autoroute à moitié phagocytée par la végétation et la latérite.
- Des vaches ligotées sur le toit d’un camion, avec des hommes assis entre elles.
- Un mort transporté sur une simple planche à l’arrière d’une moto.
- Des scènes campagnardes qui ne semblent guère différentes de celles d’il y a un siècle.
- Se faire proposer du « dog meat » (viande chien) comme repas dans un boui-boui où je me suis arrêté pour prendre un coca
- Acheter pour une poignée de centimes un épi de maïs à une femme qui le fait cuire sur un petit brasero au coin de la rue.
- Et finir la journée en sirotant un whisky-coca au bord d’une piscine en regardant Batman à la télévision. Bref, je me sens bien au Nigeria. Mon seul vrai regret est de ne pas avoir pu bivouaquer dans les villages. (En revanche, j’ai volontairement évité de longer la côte… d’après tout ce que j’en ai vu et entendu, c’est l’enfer.)
11 juin 2026 : retour à IKOM
Dommage que je sois pressé par le temps. Je serais bien resté à Calabar afin de visiter un peu la ville. Elle a l’air sympa.
Le route du retour est tranquille.
On est en pleine saison de la récolte des fruits de palme. Tout au long de la route des hommes et des femmes sont occupé à faire de l’huile (tout comme deja vu en Guinee) D’ailleurs, connaissez-vous les 2 types d’huile extraites de ce fruit ?
- Huile de palme extraite de la pulpe
- Et l’huile de palmiste, extraite du noyaux. Plus claire.
12 juin 2026 – Ekok (Cameroun)
Cette fois, j’arrive à Ekok, au Cameroun, sans souci.
J’ai revu le douanier qui m’avait refoulé. On a rigolé, on s’est fait l’accolade comme de vieux potes.
C’est l’Afrique. 😉
Ensuite viennent les formalités à proprement parler : CPD, passeport.
Puis l’officier de l’immigration conserve mon passeport jusqu’au lendemain… afin de limiter mes mouvements. Comprendre : on ne veut pas que je parte sans escorte. Lol.
Dans la cour de la caserne, deux véhicules allemands sont déjà stationnés :
- Un magnifique Hilux avec cellule Alu-Cab, le tout flambant neuf (le truc à 100 000 euros au total…). Je discute un instant avec ses occupants. Ils sont partis en janvier et il s’agit de leur premier grand voyage. Fraîchement à la retraite, j’imagine que ce ne sera pas le dernier.
- L’autre véhicule est un minivan.
Pour ma part, je n’obtiens pas l’autorisation de planter ma tente.
Je n’insiste pas : d’une part, le lieu n’est pas très engageant et, d’autre part, les orages menacent. Nous sommes au début de la saison des pluies.
La police me conduit dans ce qui est sans doute le seul hôtel de la ville : le Santa Helena.
Sur le chemin, je change 100 USD au marché noir. On m’en donne 50 000 francs CFA.
Le taux n’est pas extraordinaire, mais je n’ai pas le choix.
La chambre est à 8 000 francs, soit environ 12 euros.
Il est notable que, bien que nous soyons au Cameroun, c’est toujours l’anglais qui est pratiqué dans la région… d’où les velléités indépendantistes et la nécessité de voyager sous escorte.
13 juin 2026 – Journée sous escorte
Aujourd’hui, nous devons quitter Ekok sous escorte de la gendarmerie pour rejoindre Douala.
Quand je dis « nous », j’entends deux couples d’Allemands : le premier voyage en minivan, le second dans un Hilux équipé d’une cellule Alu-Cab.
Le premier est un couple mixte. L’homme, Sam, est d’origine érythréenne. Nous aurons, lui et moi, un échange amical mais animé au sujet des visas en Afrique. Je connais bien l’argument : les Européens imposent tant de difficultés aux Africains pour obtenir un visa Schengen que les pays africains appliquent, en retour, une politique de réciprocité.
Ayant été marié deux fois à des étrangères, dont une Sénégalaise, je ne méconnais pas les tracasseries parfois humiliantes auxquelles sont confrontés les Africains souhaitant entrer en Europe, et en particulier en France. Cependant, à mes yeux, les contextes ne sont pas comparables. D’un côté, il s’agit souvent de migrations à motivation économique ; de l’autre, de simples touristes. En outre, un visa Schengen ouvre les portes de vingt-sept pays. En Afrique, chaque État possède son propre visa, de plus en plus coûteux, assorti de procédures parfois franchement kafkaïennes. J’aurai sans doute l’occasion de revenir sur ce sujet une autre fois.
Bref, je suis debout vers 7 heures. Je dois être au poste à 8 h 30, heure à laquelle l’escorte est censée arriver. Du moins en théorie.
En pratique, je commence par m’asseoir aux côtés des Allemands. Après ma courte discussion avec Sam sur la question des visas, je les quitte pour aller rejoindre les fonctionnaires de l’immigration. D’une part, ils sont installés sous un abri équipé d’un ventilateur qui procure une brise bienvenue ; d’autre part, je peux discuter avec eux, contrairement aux Allemands qui parlent surtout… allemand.
Au final, nous ne partons que vers midi. Deux véhicules d’escorte encadrent le convoi, l’un en tête et l’autre en queue. À la dernière minute, trois bus viennent encore s’y greffer.
Très vite, je me demande à quoi sert réellement cette escorte. La voiture de tête roule assez vite et, avec la moto, je la suis sans difficulté. En revanche, le minivan et surtout les bus peinent à maintenir le rythme à cause des portions de route défoncées qui se succèdent.
Le convoi s’étire alors sur une très grande distance et, en cas d’attaque, je doute sérieusement que nos protecteurs puissent nous être d’une quelconque utilité.
Vers le kilomètre 90, nous abordons une portion particulièrement rocailleuse et fortement dégradée. Ce n’est pas forcément très difficile à franchir, mais c’est long et pénible.
Une vingtaine de kilomètres plus loin, nous retrouvons enfin une belle route asphaltée. C’est à ce moment-là que l’escorte nous abandonne, alors qu’elle était censée nous accompagner jusqu’à Buea, soit environ 200 kilomètres plus au sud.
Qu’importe. Je reprends mon rythme habituel de 70 km/h.
Lors d’une pause, je vois les Allemands me dépasser. Ce sera la dernière fois que je les apercevrai. Je poursuis tranquillement ma route.
Elle est magnifique et relativement peu fréquentée. Je ne peux m’empêcher de comparer avec mon premier passage au Cameroun. À l’époque, avant Douala, il n’existait aucune route asphaltée : uniquement des pistes de latérite rouge. Nous avions alors traversé le pays en pleine saison des pluies, au mois de juillet, ce qui ne s’était pas fait sans difficultés. Le contraste avec aujourd’hui est saisissant.
Pour l’heure, je profite pleinement du plaisir de rouler sereinement. Les paysages sont parfois époustouflants et la végétation d’un vert éclatant. C’est tout simplement superbe. Je ne sais pas vraiment comment mieux le décrire ; je n’ai jamais été très doué pour raconter les paysages.
J’essuie un petit orage en roulant. Je ne prends même pas le temps d’enfiler mon équipement de pluie : je sais que cela ne durera pas et que je serai sec quelques minutes plus tard. Je me contente de glisser mon téléphone dans la sacoche de réservoir.
Un peu plus loin, je fais une halte pour prendre quelques photos depuis un immense viaduc.
En fin de journée, je longe une décharge installée en bord de route. Sur le moment, cela me choque. Pourtant, force est de constater que, contrairement à de nombreuses villes d’Afrique de l’Ouest, les villes camerounaises paraissent plutôt propres. Il semble donc qu’un service de nettoyage existe bel et bien. Reste manifestement à résoudre la question du traitement des déchets.
Je m’arrête finalement dans un hôtel à Kumba, juste avant la tombée de la nuit. Bien m’en prend : quelques minutes plus tard, un orage d’une rare violence éclate.
Hôtel : 10 000 CFA (vivement le retour des bivouacs !)
Repas : 3 000 CFA – riz et poulet. Le poulet semble avoir été cuit à l’eau avant d’être simplement frit à la poêle… particulièrement insipide.
14 et 15 juin 2026 – Yaoundé
Le 14 au matin, je reprends la route en direction de Yaoundé. Mais avant cela, il me faut traverser Douala et toute sa périphérie. Le GPS annonce une heure pour parcourir… 37 kilomètres.
Je fais une halte à mi-chemin, près du port, afin de manger un peu et de retirer de l’argent.
J’en profite pour prendre quelques photos que j’envoie à Alain, mon ancien compagnon de route. Cette station-service, somme toute banale selon nos critères occidentaux, aurait relevé de la science-fiction à cet endroit il y a vingt-trois ans. Là encore, le contraste est saisissant.
Je reprends ensuite rapidement la route pour faire étape à Boumnyebel, à moins de 100 km de Yaoundé.
Le lendemain, après avoir réservé un petit appartement dans la périphérie de la capitale, je repars tranquillement. En cherchant un logement, je remarque avec amusement que Baptiste a fait étape à Yaoundé dans le même monastère où nous avions dormi vingt-trois ans plus tôt.
Je roule sans me presser. Je n’ai que 90 kilomètres à parcourir.
Des bidasses m’arrêtent à un point de contrôle. D’après l’insigne porté par l’un des troufions, il s’agit d’une patrouille antiterroriste. C’est surtout la première fois depuis le début de ce voyage que je suis confronté à une demande aussi insistante de « cadeau ».
Au départ, l’un d’eux, relativement jeune, me réclame 200 euros. Puis 100. Puis finalement 50.
Lorsque je lui explique que je n’ai plus d’argent et que je dois aller à la banque, il s’exclame :
— Quoi ? Un Blanc sans argent ? Ce n’est pas possible !
Je me contente de rire. Toujours la même stratégie : prendre les choses avec légèreté, sans agressivité, sur le ton de la plaisanterie.
Finalement, un peu à contre-cœur, il accepte de me taper dans la main avant de me laisser repartir.
Un second contrôle, quelques kilomètres plus loin, se révèle bien plus sympathique : ceux-là sont simplement curieux.
Je poursuis donc ma route. Je me sens zen.
Cette fois, même si je n’ai plus le droit de traîner, tout se déroule parfaitement. Je devrais atteindre la RDC sans difficulté avant l’expiration de mon précieux visa…
Sauf que…
Ne dit-on pas que le mieux est l’ennemi du bien ?
À moins de dix kilomètres de l’arrivée, le témoin de température de la moto s’allume. Une belle loupiote rouge de très mauvais augure.
Je m’arrête immédiatement et constate une nouvelle catastrophe. Car c’en est bien une : le liquide de refroidissement s’est écoulé par le weep hole, le trou de drainage de la pompe à eau.
L’un des joints vient de lâcher.
Que s’est-il passé ?
Le truc idiot. Celui qui arrive quand on veut trop bien faire.
Alors que nous étions en plein remontage de la moto, deux de mes amis avaient attiré mon attention sur un point important : ce fameux trou de drainage doit impérativement rester libre et se situer entre les deux joints.
J’avais donc demandé à Peter de vérifier ce détail.
Alors que la moto était déjà partiellement remontée, il a décidé de la redémonter. Il a alors constaté que le joint semblait trop épais et qu’il obstruait, au moins en partie, le fameux trou.
Pendant que je vérifiais les spécifications des joints et consultais l’un de mes amis, Peter est parti, de sa propre initiative et sans m’en avertir, chez un autre artisan afin de… diminuer leur épaisseur de deux, voire trois millimètres.
Lorsque je m’en suis rendu compte, il était trop tard.
À première vue, les lèvres du joint n’avaient pas été endommagées. Mais une réduction d’une telle ampleur m’inquiétait énormément.
Par précaution, j’avais donc commandé deux nouvelles paires de joints que la mère de Laurie — la compagne du couple rencontré au Bénin — devait rapporter jusqu’en Namibie, en espérant que la réparation tiendrait jusque-là.
C’était sans compter sur la malchance qui semble me poursuivre depuis Abidjan.
Pour l’heure, c’est un peu la catastrophe.
Je ne bénéficie plus du puissant réseau de motards nigérians qui m’avait tant aidé jusque-là. Sur iOverlander, je ne trouve aucun mécanicien réellement fiable à Yaoundé. Il semble y en avoir à Douala, mais rien ici.
Surtout, je n’ai plus aucun joint de rechange avec moi. Et je doute d’en trouver sur place. Même si j’en trouvais, il faudrait qu’ils soient d’une qualité suffisante pour résister à la fois aux hautes températures, au liquide de refroidissement et à l’huile moteur.
Rien d’insurmontable en soi.
Mais cela signifie encore une nouvelle perte de temps. Et cette fois, elle paraît irrémédiable.
Le visa pour la RDC ne peut être obtenu dans aucun des pays de la région : ni au Cameroun, ni au Gabon, ni au Congo. C’est précisément pour cette raison que j’avais pris la précaution de le demander à Abidjan.
En réfléchissant ce soir à la situation, deux grandes options s’offrent à moi.
1. Faire une croix, au moins pour ce voyage, sur la RDC
Il me faudra alors rejoindre Cabinda, l’enclave angolaise, afin d’y embarquer sur un bateau à destination de l’Angola.
Mais cela implique plusieurs conséquences :
- perdre le visa RDC, particulièrement onéreux ;
- supporter les frais supplémentaires du bateau vers l’Angola ;
- renoncer à traverser la RDC et, surtout, à retourner à Kimpangu, un lieu qui m’avait profondément marqué il y a vingt-trois ans ;
- compliquer également le retour à Maquela do Zombo et à Damba, deux endroits d’Angola que je tenais absolument à revoir et qui nécessiteraient désormais un sérieux détour.
2. Laisser provisoirement la moto à Yaoundé et prendre un bus jusqu’à Brazzaville, puis rejoindre Kinshasa
Cette solution permettrait de préserver mon visa RDC, qui est à entrées multiples et reste valable trois mois après la première entrée.
En revanche, elle m’obligerait à obtenir un nouveau visa camerounais pour revenir récupérer Lady Pink, puisque mon visa actuel n’autorise qu’une seule entrée.
Là encore, cela représente un coût non négligeable. Mais au moins, ce visa est beaucoup plus facile à obtenir.
Dans les deux cas, j’aurai également besoin d’un visa congolais.
Avec la première option, un simple visa à entrée unique suffira.
Avec la seconde, il me faudra impérativement un visa à entrées multiples, ce qui n’est évidemment pas le même budget.
Pour l’instant, j’ai déjà commandé de nouveaux joints en France. Un ami va se charger de me les faire parvenir.
Il me restera ensuite à trouver un mécanicien aussi compétent que Peter qui, malgré son erreur — dont je me sens d’ailleurs en partie responsable — est réellement excellent.
Et non, je ne me sens pas capable d’effectuer cette réparation moi-même : il y a beaucoup trop d’éléments à démonter.
Voilà la situation ce soir.
Au moment où j’écris ces lignes, un violent orage vient d’éclater et le courant est coupé.
De tous mes voyages, c’est bien la première fois que je dois faire face à une telle accumulation de problèmes sur une période aussi courte.
Mais bon…
Cela fait aussi partie du jeu.
À suivre…
Situation au 17 juin 2026
- Les joints doivent être livrés aujourd’hui chez mon pote Jérôme, avec qui j’avais fait un bout de route il y a vingt-trois ans. Il se chargera ensuite de me les faire parvenir. Il me faudra alors trouver un bon mécano. J’ai une piste : je dois aller le voir aujourd’hui. C’est un Français installé ici depuis des années.
- Autre solution : effectuer la réparation moi-même. Maintenant que j’ai vu comment procéder, c’est jouable.
- Tracy, la motarde canadienne qui voyage avec son chien depuis plusieurs années, est pour le moment bloquée au Nigeria. Son visa camerounais lui a été refusé. Elle doit se rendre à Calabar pour essayer de résoudre la situation.
- Le couple d’Allemands devrait arriver ici très prochainement. Ils peuvent m’emmener jusqu’à Brazzaville. De là, je pourrais prendre le bateau pour Kinshasa afin de sauver mon visa RDC. Mais il me faudrait ensuite revenir, et surtout reprendre un second visa camerounais. Au total, la facture serait environ deux fois plus élevée que celle du bateau entre Cabinda et Soyo (qui permet de contourner la RDC).
Je n’ai donc pas encore pris de décision définitive, même si un plan commence à se dessiner dans ma tête :
Option privilégiée
- Ne pas aller à Kinshasa maintenant (trop cher ! et surtout c’est prendre le risque d’essuyer un refus toujours possible d’un nouveau visa camerounais. L’idéal serait d’aller à l’immigration à Yaoundé pour négocier cela en amont… mais ca risque de prendre du temps, ce qui me manque justement)
- En revanche, essayer de faire proroger mon visa dans toutes les ambassades de la région : celle de Yaoundé dans un premier temps, puis celle de Brazzaville par la suite.
- Cela me laisserait le temps de faire quelques pistes au Cameroun, si la saison des pluies m’en laisse le loisir. Il y en a une en particulier que j’aimerais beaucoup parcourir.
- Je pourrais aussi aller dire bonjour à un motard africain que je suis depuis quelque temps sur les réseaux sociaux : Jean Milhe. Il habite au Gabon. Du coup, je pourrais peut-être également tenter d’obtenir une prolongation de mon visa à Libreville (et visiter le Gabon)
Si rien ne fonctionne pour le visa RDC
Il me resterait alors deux options :
- Tenter malgré tout de passer par un petit poste de brousse… Cela pourrait peut-être se négocier, soit depuis le Congo, soit depuis l’Angola.
- Renoncer provisoirement à la RDC, mais y retourner au voyage retour.
Parce que oui, je pense remonter par l’Ouest après avoir vadrouillé quelques mois en Afrique australe et de l’Est. Mon idée actuelle est de remonter jusqu’en Ouganda avant de prendre la route inverse.
Dans ce cas, la RDC ne serait pas abandonnée, seulement reportée. Cela ne serait pas la première fois que je reporte. Lol. Et cela me permettrait de constater les évolutions en Angola en 23 ans.


























































































No Comments