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Voyager seul, parfois, c’est dur.
Je ne parle pas des risques supplémentaires, notamment en cas d’accident sur une piste isolée. Ça, on le sait, on l’a toujours dans un coin de la tête.
Je parle simplement de trouver la motivation.
Ça fait plus d’un mois que je suis à l’arrêt.
Cette fois, la saison des pluies a vraiment commencé. Il pleut une bonne partie de la journée, d’une belle pluie tropicale : drue et intense. Les pistes sont devenues impraticables. Mais désormais, il y a du goudron, donc ce n’est plus vraiment un problème comme autrefois.
Mais après plusieurs semaines sans rouler, il faut retrouver l’envie de remonter sur son destrier.
À deux, c’est plus facile. Il y en a toujours un pour motiver l’autre. Seul, personne ne vous pousse.
Et avec l’âge, il faut bien l’avouer, ce n’est pas toujours évident de se dire : allez, on repart. Surtout lorsque l’on sait ce qui nous attend : la chaleur, la pluie, la soif, les douleurs, les contraintes.
Depuis quelques jours, une douleur sourde s’est installée en bas de mon dos. Elle est présente dès le lever. C’est pénible.
Et malgré ça, il faut repartir.
Alors oui, c’est décidé : demain, je pars.
Mais cela fait une semaine que je me dis ça… matin après matin, jour après jour.
La moto est prête. Chargée même. Il ne reste plus qu’à fixer le sac polochon à l’arrière.
Elle me fixe de ses deux phares, semblant me dire : « Alors, ça y est ? On y va ? Je t’attends, moi ! »
Espèce de garce ! Sans tes petits caprices, nous serions loin déjà !
Voyager seul, c’est également l’éloignement. Les amis, la famille, qui finissent parfois par vous oublier après des mois ou des années d’absence. Le temps, la distance font leur œuvre.
J’ai déjà connu de telles périodes. Ce n’est pas la première fois.
Je me souviens que cette sorte d’humeur maussade m’avait envahi en Ouzbékistan, en plein mois de décembre. Le matin, en me levant de ma tente, tout était gelé. L’eau de mon bidon, la toile de la tente, la selle de ma moto.
Personne ne parlait anglais ni français.
J’étais seul. Il faisait froid. La neige tombait.
J’avais trouvé le courage de prendre la route du Sud pour retrouver la chaleur, sur les côtes du détroit d’Ormuz.
Aujourd’hui, j’ai envie d’un ciel bleu.
Il fait gris.
Gris le matin.
Gris l’après-midi.
Gris le soir.
Et noir la nuit.
Oui, du ciel bleu. Enfin.
Juste 2 000 kilomètres vers le sud et je le reverrai.
Alors oui, demain, je pars.
Si, si, je vous assure !
Il le faut bien : mon visa est presque expiré.
Yaoundé, le 16 aout 2026.
PS : avant hier, mon père aurait eu 100 ans !







4 Comments
Bon courage cousin pour la continuation de ton voyage,ici nous t’oublions pas et avec plaisir de lire tes posts😘👍
Coucou Cousine.
Oui t’inquiète, juste me mettre qq coup de pieds au cul 😉
Biz à tout le monde
Gambate Kudasai!
Oui, t’inquiète 😉
Faut juste que je me botte le cul LOOOL